Diyar Güldoğan
20 Mai 2025•Mise à jour: 20 Mai 2025
AA / Washington / Diyar Güldoğan
Bien qu’Israël ait autorisé ces derniers jours l’entrée de plusieurs camions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza, aucune de ces fournitures n’a encore pu être distribuée dans l'enclave palestinienne, a déploré mardi l’Organisation des Nations unies.
« Aujourd’hui, l’une de nos équipes a attendu pendant des heures une autorisation pour accéder à la zone de Kareem Shalom et récupérer des fournitures nutritionnelles. Malheureusement, elles n’ont pas pu être acheminées jusqu’à notre entrepôt », a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, lors d’un point presse.
Selon lui, malgré une augmentation du nombre de camions autorisés à franchir la frontière, les obstacles logistiques, sécuritaires et l'environnement de manière général rendent l’acheminement de l’aide extrêmement difficile.
« Soyons clairs : bien que davantage de marchandises soient entrées dans Gaza, nous ne sommes toujours pas en mesure de les acheminer jusqu’à nos centres de stockage ou de distribution », a-t-il insisté.
Mardi, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avait annoncé qu’Israël avait approuvé l’entrée d’environ 100 camions, contre seulement 9 la veille — un chiffre encore très insuffisant au regard des besoins de la population, selon les ONG et agences humanitaires.
Dujarric a toutefois précisé qu’en réalité, seuls « environ quatre camions et non cinq » avaient pu passer lundi, et « quelques dizaines » mardi.
Mais le véritable blocage réside dans le processus de transfert, selon les Nations unies. Après avoir franchi la barrière israélienne, les marchandises doivent être déchargées, rechargées sur d’autres véhicules, puis récupérées par les équipes humanitaires — une opération soumise à des autorisations militaires israéliennes et à des conditions de sécurité strictes.
"La difficulté pour nous est qu'il faut sécuriser les itinéraires pour acheminer l’aide jusqu’à nos entrepôts ou centres de distribution. Cela nécessite une nouvelle autorisation de l’armée israélienne, et il faut aussi s’assurer que les routes soient sûres. »
Dujarric a également évoqué des embouteillages importants sur les routes menant aux points de chargement, aggravant encore la situation.
« Distribuer de l’aide humanitaire à Gaza est aujourd’hui un processus long, complexe, très contraignant et dangereux », a-t-il conclu.
* traduit de l'anglais par Ayse Betul Akcesme