Mona Saanouni
02 Septembre 2020•Mise à jour: 02 Septembre 2020
AA/New York/Mohamed Tarek
L’Organisation des Nations Unies a salué, mardi, l’accord de désescalade conclu entre Hamas et Israël, par une médiation qatarie, visant à contenir l’escalade dans la Bande de Gaza.
L’ONU a appelé, dans ce contexte, à la nécessité de respecter les droits de l’Homme et les droits de base de 2 millions de Palestiniens, vivant dans la Bande de Gaza.
C’est ce qui ressort d’une conférence de presse tenue par le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, au siège des Nations Unies à New York.
Hamas avait annoncé, lundi, la conclusion d'un accord pour contenir l'escalade et arrêter l'agression israélienne contre le peuple de la Bande de Gaza, par une médiation qatarie. L’accord vise, entre autres, à arrêter l’envoi des ballons incendiaires et à rouvrir les points de passage.
Israël avait fermé, en août dernier, la zone de chasse en face de Gaza et le point de passage Karam Abu Salem, le seul passage commercial vers Gaza.
L’approvisionnement de la région en carburants a également été suspendu.
Cette suspension a causé la fermeture de la seule station de production d’électricité à Gaza, d’où la coupure de l’électricité pour plusieurs heures par jour dans la Bande de Gaza. La distribution de l’eau potable et les services d’assainissement des eaux ont aussi été réduits.
Pour sa part, le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés en 1967, Michael Link, a également salué l’accord entre Hamas et Israël.
Dans un communiqué dont Anadolu a eu copie, Link a indiqué que « Gaza n’a pas besoin de solutions provisoires mais de mettre fin au blocus et d’obtenir les outils nécessaires au développement économique ».
Il a ajouté, dans le même ordre d’idées, que « la pauvreté s’enracine à Gaza à cause du blocus maintenu depuis 13 ans, ce qui pourrait être considéré comme étant une punition collective aux habitants de Gaza ».
Et de poursuivre qu’ « au lieu de prendre des mesures utiles pour mettre fin à ce blocus, Israël a renforcé ses restrictions, il s’agit d’une catastrophe humaine, qu’on peut surmonter s’il existe une volonté politique ».
« Israël est la force occupante et le droit international interdit fermement, entre autres dans l’article 33 de la convention de Genève, l’application d’une punition collective par l’Occupation », a souligné Link.
Il a précisé que « 2 millions de citoyens à Gaza souffrent d’un système sanitaire détérioré, consomment une eau non potable, vivent avec des provisions insuffisantes et intermittentes en énergie et sont victimes d’une pauvreté extrême et du chômage à cause du blocus ».
Le rapporteur spécial de l’ONU a considéré que Gaza est sur le point de devenir un endroit impropre à l’habitation et qu’aucune région dans le monde ne peut être comparée à Gaza, où les forces occupantes violent les droits humains internationaux.
Il a mis en garde contre les répercussions très graves de la propagation de la Covid-19 parmi les Palestiniens dans la Bande de Gaza.
Link a appelé à réhabiliter le port de Gaza, à construire de nouvelles stations d’électricité et des eaux et à permettre à l’Autorité palestinienne d’accéder au champ de pétrole en face de la côte de Gaza.
*Traduit de l'arabe par Afef Toumi