Nadia Chahed
11 Janvier 2018•Mise à jour: 11 Janvier 2018
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le Gouvernement belge a décidé de revoir sa coopération avec la République démocratique du Congo (RDC) "à cause de la désastreuse situation humanitaire dans ce pays également plongé dans une méga crise politique émaillée de violences meurtrières".
"Les besoins humanitaires croissants et le changement de la situation politique imposent une révision fondamentale de notre coopération. Concrètement, il a été décidé de mettre fin à une série d’interventions qui devaient être mises en œuvre directement par les autorités congolaises", souligne un communiqué de la diplomatie belge publié mercredi soir.
Le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, et le Vice-Premier ministre et ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo sont intervenus à huis-clos devant la Commission des Relations extérieures de la Chambre pour exposer la politique belge à l’égard de la République démocratique du Congo (RDC), précise le communiqué.
Les ministres se sont dit "inquiets de la situation des droits de l’Homme en RDC et de l’insécurité dans plusieurs provinces du pays. Ils condamnent l’intervention des forces de l’ordre le 31 décembre et appellent à l’ouverture d’une enquête indépendante à cet égard, afin notamment d’établir les responsabilités individuelles".
La Belgique estime, en outre que "les mesures prévues dans l’accord de la Saint-Sylvestre de 2016 pour réduire les tensions et ouvrir l’espace démocratique doivent de toute urgence être mises en œuvre".
Estimant qu’une volonté politique est nécessaire pour organiser des élections correctes, les deux ministres ont rappelé que la Belgique "est disposée à contribuer à des élections équitables et transparentes".
Face aux besoins humanitaires croissants et le changement de la situation politique, une révision fondamentale de la coopération avec la RDC s'impose, note encore le communiqué, précisant que "concrètement, il a été décidé de mettre fin à une série d’interventions qui devaient être mises en œuvre directement par les autorités congolaises. Cela concerne des interventions pour un montant total de 25 millions d’euros qui n’ont pas encore été signées ou qui ont déjà été temporairement suspendues".
Réitérant sa volonté de renforcer sa solidarité à l’égard de la population congolaise, la Belgique annonce "qu'elle affectera, pour cette raison, les moyens libérés au profit de l’aide humanitaire et d’autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population".
L’aide humanitaire à la RDC se trouvera de cette manière augmentée à 25 millions d’euros, et la coopération avec des organisations non-gouvernementales sera recherchée, précise le communiqu gouvernemental.
La RDC travers depuis décembre 2016, date à laquelle le dernier mandat constitutionnel de Jopseh Kabila arrivait à terme, une crise politique et sécuritaire su fond de contestation du maintien de ce dernier à son poste.
Un accord politique a été signé le 31 décembre 2016 entre le gouvernement et l'opposition en vue de tracer les modalités de gestion du pays jusqu'aux prochaines élections. Cet accord prévoyaity entre autre la tenue d'élections générales avant la fin 2017, clause qui n'a pas été respectée comme plusieurs autres.
Fait qui a alimenté la colère de l'opposition et des mouvements citoyens. Les dernières manifestations anti-Kabila, initiées le 31 décembre dernier par le comité de laïcs catholiques avaient été dispersées dans la violence par les forces de l'ordre avec un bilan d'au moins 5 morts selon l'ONU.