Amir Latif Arain
31 Mai 2023•Mise à jour: 31 Mai 2023
AA / Ankara
La Chine a déclaré, mercredi, que le nombre de journalistes chinois en poste en Inde voisine est sur le point de "passer à zéro", car New Delhi n'a toujours pas renouvelé le visa du dernier journaliste chinois en poste dans le pays.
"Les journalistes chinois souffrent depuis longtemps d'un traitement injuste et discriminatoire en Inde", a déclaré la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Mao Ning, lors de sa conférence de presse hebdomadaire tenue à Pékin.
Ses propos font suite à l'aggravation des tensions entre les deux géants asiatiques, qui se sont étendues aux médias au cours des derniers mois.
À la question de savoir si les deux pays ont effectivement chassé récemment leurs journalistes respectifs en refusant de renouveler leurs visas, Mao a répondu que, depuis 2020, New Delhi a refusé d'examiner ou d'approuver les demandes des journalistes chinois souhaitant s'installer en Inde.
En conséquence, a-t-elle ajouté, le nombre de journalistes chinois en poste en Inde a chuté, passant d'un nombre normal de plus d'une douzaine à un seul.
Mao Ning a précisé qu’en 2017, l'Inde a réduit la période de validité des visas détenus par les journalistes chinois en Inde à trois mois, voire à un seul, "sans aucune raison valable".
"Au vu de cette situation, la partie chinoise n'a d'autre choix que de prendre des contre-mesures appropriées pour sauvegarder les droits et les intérêts légitimes des organismes médiatiques chinois", a affirmé la porte-parole de la diplomatie chinoise.
Le mois dernier, dans une apparente riposte, Pékin a "gelé" les visas de deux journalistes indiens basés à Pékin, leur demandant de ne pas retourner en Chine.
Toutefois, a ajouté Mao, Pékin est toujours disposé à entretenir des contacts avec l'Inde en vertu des principes de "respect mutuel et de parité".
"Nous espérons que l'Inde œuvrera dans le même sens que la Chine, qu'elle répondra sérieusement aux préoccupations légitimes de la Chine et qu'elle prendra, dès que possible, des mesures concrètes pour créer des conditions favorables au rétablissement d'échanges normaux entre les organes de presse des deux pays", a-t-elle déclaré.
Ce dernier développement intervient dans un contexte de différends entre New Delhi et Pékin au sujet de leurs revendications territoriales dans la province indienne de l'Arunachal Pradesh, située dans le nord-est du pays, que la Chine considère comme la partie méridionale de la région autonome tibétaine.
Les deux pays se trouvent, depuis mai 2020, dans une impasse le long de la ligne de contrôle effective (LAC), la frontière de facto entre la Chine et l'Inde dans la zone du Ladakh, dans la région contestée du Jammu-et-Cachemire.
En juin 2020, au moins 20 soldats indiens et quatre soldats chinois ont été tués lors d'un affrontement frontalier.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj