Mona Saanouni
13 Septembre 2017•Mise à jour: 14 Septembre 2017
AA/Yangon/Khalaf Rasha
La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a annulé, mercredi, son déplacement à New York pour assister à l’Assemblée générale de l’organisation des Nations Unies, au milieu des critiques acerbes à son encontre dans le contexte de la crise des musulmans Rohingya.
Le porte-parole de Suu Kyi, Zaw Htay, a déclaré que «la dirigeante birmane ne participera pas aux réunions de l’Assemblée générale de l’ONU» prévue le 19 septembre courant.
Il a indiqué que Suu Kyi, Prix Nobel de la paix en 1991, est occupée de calmer la situation instable et d’affronter les «émeutes » dit-il, dans l’Etat d’Arakan, dans l’ouest du pays.
Le Haut-commissaire des Droits de l’Homme auprès des Nations Unies, Zeid Ra’ad Al Hussein, a indiqué, lundi dernier, que la violence et l’injustice au Myanmar dont souffrent les musulmans Rohingya dans l’Etat d’Arakan, dans l’ouest du Myanmar, ressemblent à un exemple classique de "purification ethnique".
Lors de son premier discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, à la suite de son élection en septembre 2016, la dirigeante birmane a défendu les efforts de son gouvernement dans la résolution de la crise de la minorité musulmane dans le pays.
Suu Kyi a promis, à l’époque, « de mettre fin aux préjugés et à l’extrémisme et d’œuvrer à protéger les Droits de l’Homme », exhortant « la Communauté internationale à être compréhensive et constructive ».
Il est à noter que la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU relative à la crise se tiendra ultérieurement dans la journée du mercredi, à la demande du Royaume-Uni et de la Suède, au milieu d’une préoccupation croissante à l’égard des violences continues contre les musulmans d’Arakan.
Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar procède à un génocide contre les musulmans Rohingyas à Arakan, dans le sud-ouest du pays, provoquant une vague de condamnation à travers le monde, en particulier parmi les musulmans.
Il n'y a pas de statistiques claires sur les victimes du génocide. Mais lors d'une interview accordée à Anadolu, le militant Rohingya Omran al-Arakani a évoqué un bilan de 7 mille 354 morts et 6 mille 541 blessés depuis le début du génocide jusqu’à mercredi (6 septembre courant).
Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait estimé hier mardi, à près de 370 mille le nombre de de Rohingyas ayant fui la région d’Arakan vers le Bangladesh, depuis le début des violences en août dernier.