Bilal Müftüoğlu
26 Avril 2016•Mise à jour: 26 Avril 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France ne veut pas signer le Traité de libre-échange transatlantique (Tafta) "à tout prix", a déclaré mardi matin le secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur Mathias Fekl, se disant contre l'idée de "se mettre à la remorque" d'un pays, notamment des Etats-Unis.
"On ne veut pas signer à tout prix. Par ailleurs, moi, je ne vois pas l'Europe comme devant suivre le rythme des États-Unis. Il n'y a aucune raison de se mettre à la remorque de tel ou tel continent ou tel ou tel pays fut-il un partenaire ou un allié", a martelé Fekl, lors de son intervention sur la radio RTL.
"Le premier ensemble économique au monde, c'est l'Europe. Le premier ensemble qui pèse dans le commerce international par sa valeur, par son poids, c'est l'Europe", a poursuivi le secrétaire d'Etat, soulignant par ailleurs que "les critères et les exigences de la France n'ont jamais varié".
Fekl a également estimé qu'"on s'éloigne des chances" de signature d'un accord entre l'Europe et les Etats-Unis alors que les négociations entre les deux parties ont été récemment relancées pour la 13e fois à New York.
"Il faut intégrer l'environnement. La transparence est encore largement insuffisante. il faut interdire des attaques devant des tribunaux privés où de grands groupes viennent remettre en cause des petits", a-t-il ainsi précisé.
Dans son interview pour France Inter, Fekl avait même menacé de mettre un terme aux négociations avec les Etats-Unis, estimant qu'elles risquent d'arriver au point mort. "Si tout ça ne bouge pas, il n’y aucune raison de continuer à négocier en faisant semblant, d’une certaine manière", avait-il affirmé.
Fekl n'est pourtant pas le seul responsable français à faire part de ses réticences vis-à-vis de la signature d'un accord de libre-échange avec les Etats-Unis "à tout prix". En effet, invité de France 2 le 14 avril, le président français François Hollande avait indiqué qu'il n'accepterait pas le Tafta, s'il porte notamment un danger pour les agriculteurs.
"La France, elle a fixé ses conditions, la France elle a dit s'il n'y a pas de réciprocité, s'il n'y a pas de transparence, si pour les agriculteurs il y a un danger, si on n'a pas accès aux marchés publics et si en revanche les Etats-Unis peuvent avoir accès à tout ce que l'on fait ici, je ne l'accepterai pas", avait noté Hollande dans son interview.