Bilal Müftüoğlu
24 Octobre 2016•Mise à jour: 25 Octobre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le démantèlement du camp de migrants à Calais (nord de la France), surnommé la "Jungle", a commencé lundi matin alors que des associations humanitaires font part de leurs "inquiétudes" quant au déroulement de l'opération, a rapporté le correspondant de Anadolu.
Des centaines de migrants ont patienté, lundi, depuis le lever du soleil devant le hangar installé près de la Jungle où leur répartition dans les centres d'accueil en France est décidée en concertation avec les autorités publiques et les associations d'aide aux migrants.
Les migrants qui refuseront de quitter pourraient être arrêtés et placés en centre de rétention, a récemment mis en garde Emmanuelle Cosse, ministre française du Logement, sur les ondes de radio RTL.
Le démantèlement du camp qui accueillait à son apogée près de 10 000 migrants pourrait prendre jusqu'à une semaine, selon les associations d'aide aux migrants sur place.
Les modalités de la destruction du camp dont les conditions de vie avaient été dénoncées par de l'Organisation des Nations unies (ONU) sont loin de faire l'unanimité au sein des acteurs publics.
S'exprimant lundi à la presse, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a soutenu que le démantèlement "se déroule dans le calme et dans la maîtrise" alors que Natacha Bouchart, maire de Calais, a dénoncé une opération qui se poursuit "sans la coopération de la ville".
"Rien n'a été fait pour les empêcher de s'installer de façon anarchique. Donc, vous comprenez bien que je suis perplexe par rapport au fait que les choses vont bien se dérouler et que nous n'avons aucune garantie, aucun dispositif pour nous confirmer qu'il n'y aura plus ces difficultés par lesquelles nous passons depuis maintenant trois ans", a déclaré Bouchart lundi matin sur Radio 6, une radio locale.
Médecins du Monde a dénoncé de son côté une "impression d'improvisation" dans l'opération du démantèlement, soulignant que l'information à été donnée aux migrants "au dernier moment" et que les lieux d'accueil sont "mal connus".
L'association a également accusé le gouvernement français d'employer "les mêmes pratiques" que ses prédécesseurs qui avaient procédé à des démantèlements partiels, déplorant son recours aux "mêmes violences, mêmes incohérences, mêmes échecs".
"Ne répétons pas les erreurs du passé: exigeons enfin le respect du droit et la dignité des personnes", a encore invoqué l'ONG sur son compte Twitter.
La décision de démanteler ce camp de fortune datant des années 2000 remonte au mois de septembre dernier. Elle était justifiée par des raisons de sécurité, notamment après les flux enregistrés à la suite de la crise migratoire européenne de l'été dernier.
Les associations, qui avaient initialement approuvé le plan du gouvernement, s'étaient par la suite désolidarisées du processus, déplorant l'absence de "solution adaptée" aux migrants.