Burc Eruygur
09 Juillet 2026•Mise à jour: 09 Juillet 2026
AA / Istanbul
Le Kremlin a déclaré jeudi que le président russe Vladimir Poutine était « ouvert au dialogue » avec le président américain Donald Trump, malgré une occasion apparemment manquée d’un entretien téléphonique entre les deux dirigeants.
« M. Trump était apparemment très occupé après tous les contacts à Ankara, donc personne n’a appelé hier », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov aux journalistes lors d’un point de presse, faisant référence aux discussions tenues par le président américain lors de sa visite dans la capitale turque, Ankara, où il a participé au 36e sommet de l’OTAN.
Après un échange téléphonique entre les dirigeants américain et russe le week-end dernier, le Kremlin avait indiqué lundi que Poutine et Trump comprenaient que leurs contacts se poursuivraient « dans un avenir proche ».
Peskov a ajouté que, malgré l’absence de cet appel, Poutine était « toujours heureux » de discuter avec Trump et que les deux dirigeants entretenaient un « dialogue véritablement constructif, malgré certaines divergences qui peuvent exister ».
« Le président Poutine est ouvert au dialogue », a ajouté Peskov.
Les déclarations de Peskov interviennent un jour après que Trump a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ainsi que d’autres dirigeants, en marge du sommet de l’OTAN à Ankara.
Lors de cette rencontre, Trump a déclaré que Poutine et Zelensky souhaitaient tous deux mettre fin à la guerre en cours entre la Russie et l’Ukraine, ajoutant que les États-Unis étaient prêts à « fermer le ciel » au-dessus de l’Ukraine dans le cadre de garanties de sécurité accordées à Kiev si cela était « nécessaire ».
Trump a également déclaré que l’un des sujets qu’il comptait aborder avec Zelensky concernait l’autorisation donnée par Washington à Kiev de fabriquer des missiles Patriot, ajoutant : « De cette façon, vous ne pourrez pas vous plaindre que nous ne leur donnons pas assez. »
Réagissant à ces déclarations, Peskov a affirmé que Washington continuait de fournir des armes et des technologies militaires à l’Ukraine, ajoutant que Moscou en était conscient et ne portait pas de « lunettes roses ».
« Mais contrairement à d’autres pays impliqués dans ce conflit, les États-Unis restent engagés et continuent d’essayer, d’une manière ou d’une autre, de faciliter le processus de paix. C’est à travers ce prisme que nous évaluons toutes les déclarations », a ajouté Peskov, évoquant une « certaine dualité » dans la position américaine concernant l’Ukraine.
Le porte-parole du Kremlin a rejeté l’idée selon laquelle les propos de Trump à Ankara indiqueraient un retour des États-Unis vers une politique d’escalade des tensions avec la Russie. Il a plutôt affirmé que Moscou voyait une « certaine incompréhension » au sein de la Maison-Blanche concernant la possibilité de parvenir à un règlement en Ukraine par l’escalade et la pression militaire.
Selon lui, la volonté exprimée par les États-Unis de « fermer le ciel » au-dessus de l’Ukraine impliquerait une activité de l’OTAN sur le territoire ukrainien, ce qui, a-t-il affirmé, constitue la raison pour laquelle la Russie poursuit son « opération militaire spéciale », terme utilisé par Moscou pour désigner la guerre en Ukraine.
Peskov a également déclaré qu’une « nouvelle escalade » pourrait prolonger dans une certaine mesure la guerre en Ukraine et obligerait la Russie à créer une « zone tampon plus large ».
« Par conséquent, l’escalade des tensions et les actions d’escalade ne contribueront en aucun cas au processus de paix », a-t-il conclu.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz