Mounir Bennour
31 Janvier 2021•Mise à jour: 02 Février 2021
AA / Beyrouth/ Naim Berjawi
Le patriarche maronite, le cardinal Bechara Boutros Rahi, a mis en garde ce dimanche, contre le déclenchement d'une « révolte des affamés » au Liban et l'effondrement du pays, en cas de poursuite des entraves à la formation du gouvernement.
Ces propos, rapportés par les médias locaux, ont été tenus lors d'une messe qu'il a menée à l'église « Notre-Dame » dans le palais patriarcal de Bkerké, au nord de Beyrouth.
Le patriarche a déclaré : « persister à entraver la formation du gouvernement provoquera la révolte des affamés et les privera de leurs droits les plus élémentaires, et provoquera l'effondrement du pays ».
Et d'ajouter : « Il s'agit d'une logique conspiratrice et destructrice et il faut y mettre un terme pour sauver le Liban ».
Bechara Boutros Rahi a condamné les actes de violence lors des manifestations populaires dans la ville de Tripoli (nord), accusant les politiques de la détérioration des conditions de vie dans la ville.
Au cours de la semaine dernière, Tripoli a été le théâtre de manifestations contre la dégradation des conditions de vie et le maintien du couvre-feu imposé en raison de la lutte contre le coronavirus.
Selon la Croix-Rouge libanaise, les affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre ont fait « un mort et plus de 200 blessés ».
Le patriarche maronite a également appelé les responsables libanais à cesser « d'ignorer les vraies raisons (derrière les manifestations), qui sont sociales, financières, professionnelles et vitales ».
Depuis des mois, le Liban subit la pire crise économique depuis la fin de la guerre civile (1975-1990) et en proie à une forte polarisation politique, dans une scène où se heurtent les intérêts de plusieurs pays régionaux et occidentaux, dont la France.
En raison des différends entre les forces politiques, le Liban n'a pas encore pu former un nouveau gouvernement, depuis celui de Hassan Diab, qui a démissionné six jours après une explosion catastrophique dans le port de la capitale Beyrouth le 4 août.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour.