Mehmet Kemal Firik
25 Juillet 2026•Mise à jour: 25 Juillet 2026
Le Premier ministre de la République Turque de Chypre Nord (RTCN), Unal Ustel, a salué samedi la position adoptée par le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors de sa rencontre avec l'envoyée personnelle du secrétaire général de l'ONU pour Chypre. Selon lui, cette position reflète la vision commune de la Türkiye et du peuple chypriote turc concernant l'avenir de l'île.
Ustel a souligné que les propos de Hakan Fidan, selon lesquels « aucune approche ne reconnaissant pas les droits inhérents du peuple chypriote turc, à savoir son égalité souveraine et son statut international égal, ne pourra conduire à une solution », revêtent une importance particulière. Il a ajouté que cette approche traduit non seulement la position constante de la Türkiye, mais aussi la volonté inébranlable du peuple chypriote turc.
Rappelant que les Chypriotes turcs étaient des partenaires fondateurs à part entière de la République de Chypre créée en 1960, Ustel a insisté sur le fait qu'aucune initiative visant à les réduire au statut de minorité en ignorant cette réalité historique et juridique ne serait acceptée.
« Une preuve concrète de notre position commune »
Unal Ustel a affirmé que toute reprise d'un processus durable à Chypre devait impérativement reposer sur la reconnaissance de l'égalité souveraine et du statut international égal du peuple chypriote turc.
« Nous saluons la position claire, fondée sur des principes et résolue affichée par le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors de sa rencontre avec l'envoyée personnelle du secrétaire général de l'ONU pour Chypre, Maria Angela Holguin Cuellar », a-t-il déclaré.
« Le fait que la République de Türkiye ait une nouvelle fois affirmé avec la plus grande clarté qu'une solution à la question chypriote n'est possible qu'en tenant compte des réalités existantes sur l'île et sur la base d'une coexistence entre deux États constitue un soutien fort à la politique menée par la RTCN et une preuve concrète de notre position commune », a-t-il ajouté.
À l'approche de la visite sur l'île du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, Ustel a appelé la communauté internationale à adopter une nouvelle approche : « Au lieu de remettre une nouvelle fois à l'ordre du jour des modèles fédéraux épuisés, qui n'ont produit aucun résultat à Chypre depuis plus d'un demi-siècle, il convient d'adopter une approche fondée sur les réalités politiques et de fait de l'île. »
« Une solution réaliste, juste et durable n'est possible qu'à travers un modèle de coopération entre deux États, fondé sur l'égalité de statut des deux parties et sur le respect mutuel », a-t-il conclu.
Un différend de longue date
Chypre demeure au cœur d'un différend qui oppose depuis plusieurs décennies les Chypriotes grecs et les Chypriotes turcs, malgré les efforts diplomatiques menés par les Nations unies en vue d'un règlement global.
Les violences intercommunautaires qui ont éclaté au début des années 1960 ont contraint les Chypriotes turcs à se réfugier dans des enclaves afin d'assurer leur sécurité.
En 1974, un coup d'État mené par des Chypriotes grecs dans le but de rattacher l'île à la Grèce a conduit la Türkiye, en tant qu'État garant, à intervenir militairement pour protéger les Chypriotes turcs contre les persécutions et les violences. À la suite de cette intervention, la RTCN a été proclamée en 1983.
Ces dernières années, plusieurs initiatives de paix ont été engagées sans aboutir, notamment les négociations organisées en Suisse en 2017 sous les auspices des trois États garants : la Türkiye, la Grèce et le Royaume-Uni.
L'administration chypriote grecque a intégré l'Union européenne en 2004, la même année où les Chypriotes grecs ont rejeté unilatéralement le plan des Nations unies visant à mettre un terme au différend de longue date.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba