Mourad Belhaj
09 Janvier 2021•Mise à jour: 10 Janvier 2021
AA / Istanbul
Le monde occidental devrait procéder à une autocritique en matière de démocratie, de droits et de libertés, a déclaré, samedi, le président turc à la suite des récentes émeutes survenues dans le capitole, à Washington.
Le président Recep Tayyip Erdogan a déclaré que ceux qui ne font preuve d'aucune complaisance dans la lutte contre le terrorisme ont essayé de mettre à mal notre combat contre les organisations terroristes :
"Nous en avons vu des exemples il y a quelques mois en France. Nous avons également été témoins de réactions similaires lors des récents événements aux États-Unis. Tous ces développements rendent nécessaire une autocritique sérieuse du monde occidental en matière de démocratie, de droits et de libertés".
"Tous ces développements rendent nécessaire une autocritique du monde occidental en matière de démocratie, de droits et de libertés. Si cette autocritique n'est pas faite et que l'on continue à se justifier malgré les méfaits du passé, cela signifie que le monde vient de prendre un nouveau tournant", a déclaré le Président Erdogan.
Ses déclarations sont intervenues par vidéo conférence lors de la cérémonie inaugurale d'un nouveau pont dans le sud-est du pays.
Mercredi, les partisans du président américain Donald Trump, qui protestaient contre la certification par le Congrès de la victoire de Joe Biden, se sont heurtés à la police, pour finalement pénétrer dans le bâtiment du Capitole et se frayer un chemin jusqu'au Sénat.
Au moins cinq personnes sont mortes après que la foule ait pénétré dans le bâtiment, dont une femme abattue par la police du Capitole.
Ces scènes dramatiques entachent comme jamais auparavant le transfert pacifique du pouvoir aux États-Unis.
Erdogan a déclaré que de nombreux événements récents en Europe et aux États-Unis ont révélé une fois de plus la politique des deux poids deux mesures adoptée à l'encontre de la Turquie.
Il a également déclaré que la Turquie a suivi les mesures mises en œuvre, lors de la première menace à laquelle ils ont été confrontés, par les pays qui n'ont eu de cesse d'accuser Ankara d'être dans l'incapacité de garantir la démocratie, ainsi que de restreindre les droits et les libertés.
Le président turc a déclaré que ceux qui s'opposent aux efforts de la Turquie pour soumettre à un cadre légal les réseaux de médias sociaux, sur lesquels les droits et libertés de l'homme sont le plus violés dans le pays, ont fini par mettre en œuvre "les procédés les plus primaires de censure".
Il a également déclaré que ces mêmes pays procèdent à des "interventions d'une violence disproportionnée pour réprimer les agissements des groupes marginaux qui perturbent la paix sociale et constituent une menace ouverte contre l'État et la loi".
"De nouvelles valeurs communes basées sur la justice, l'équité et la durabilité sont plus que jamais nécessaires. Elles doivent rassembler l'ensemble de l'humanité et dépasser les distinctions telles que l'origine, la couleur, la croyance et la culture", a souligné Erdogan.
Et de poursuivre : "Nous espérons que l'ordre politique et économique mondial, dont la restructuration est devenue inévitable avec la pandémie de COVID-19, sera élaboré dans cette perspective. La Turquie, elle, entend bien défendre cette idée et contribuer à sa mise en œuvre dans la région et dans le monde entier".
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj