Yavuz Emrah Sever
03 Mars 2022•Mise à jour: 03 Mars 2022
AA / Bilecik (Turquie)
Burak Ozek, étudiant en Ukraine jusqu'au déclenchement de la guerre, fait partie des citoyens turcs évacués grâce aux efforts du ministère turc des Affaires étrangères.
Il a raconté à l'Agence Anadolu (AA) son périple en bus de 72 heures, de l'Ukraine à la Turquie, en passant par la Roumanie et la Bulgarie, pour échapper aux affres de la guerre et arriver à sa maison familiale dans la province de Bilecik, au nord-ouest de la Turquie.
Burak Ozek, âgé de 19 ans, est étudiant à l'Institut polytechnique de Kharkiv, situé dans la province du même nom, dans le nord-est de l'Ukraine. Le 24 février, au moins huit civils, dont deux enfants, ont été tués dans des frappes aériennes russes dans la ville.
Pendant les premiers jours de la guerre, Ozek a utilisé son téléphone portable pour partager avec le monde ce qui se passait autour de lui, notamment les bombardements ou des stations de métro utilisés comme abris.
Burak Ozek vit en Ukraine depuis six mois et a déclaré que des bombes sont tombées près de sa zone de résidence.
"Les avions volaient très bas", a-t-il dit.
Ses quatre amis et lui ont dormi dans le couloir de la maison pendant deux jours, se souvient-il.
"Nous avons mis un lit dans le couloir et y avons dormi."
Ils sont ensuite restés dans un refuge pendant encore deux jours, a-t-il expliqué, ajoutant que c'était “horrible."
Il a confié qu'un missile était tombé sur la station de métro en face de sa maison.
Plus de 2 000 civils ont été tués en Ukraine depuis que la Russie a lancé ses attaques le 24 février, selon les autorités ukrainiennes.
L'Agence des Nations Unies pour les réfugiés a déclaré jeudi qu'environ un million de personnes ont été forcées de fuir l'Ukraine vers les pays voisins alors que la guerre est rendue à son huitième jour.
Burak Ozek a affirmé avoir été en contact permanent avec les responsables du ministère des Affaires étrangères de la Turquie pour l'évacuation.
" Nous y avions notre maison et notre école. Tout est parti, nous sommes tellement bouleversés ", a-t-il regretté.
"Nous avions quelques réserves que nous avons épuisées. D'autres personnes n'en ont pas. Les marchés sont complètement vides. Nous ne pouvions rien faire ", a-t-il ajouté.
Il a noté que de nombreuses personnes de son établissement sont restées en Ukraine.
"Les gens pleuraient. Il y a des civils qui sont morts. Des enfants meurent. Des maisons ont été bombardées. Tout est parti", a-t-il affirmé.
* Traduit de l'anglais par Alex Sinhan Bogmis