Servet Günerigök
24 Février 2022•Mise à jour: 24 Février 2022
AA / Washington / Servet Gunerigok
Le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré, jeudi, que l'intervention militaire de la Russie en Ukraine était "inacceptable mais pas irréversible."
Lors d'un point de presse au siège de l'ONU, Guterres a réitéré que l'opération militaire est en contradiction totale avec la Charte de l'ONU.
La Charte est claire, et je cite : "Les membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies", a déclaré António Guterres.
"Le recours à la force par un pays contre un autre est un reniement des principes que chaque pays s'est engagé à respecter. Et cela s'applique aux offensives militaires en cours", a-t-il ajouté.
Le Secrétaire général de l'ONU a également réitéré son appel direct au Président russe Vladimir Poutine, en déclarant : "Mettez fin à l'opération militaire. Rappelez les troupes en Russie".
Poutine a annoncé une intervention militaire en Ukraine, jeudi, quelques jours après avoir reconnu deux enclaves séparatistes, Donetsk et Louhansk, dans l'est de l'Ukraine, suscitant une condamnation internationale et un appel au durcissement des sanctions contre Moscou.
Des explosions ont été signalées dans plusieurs villes ukrainiennes, dont la capitale, Kiev, et des chars auraient franchi la frontière entre la Biélorussie et l’Ukraine.
- La crise du Donbass et l’intervention militaire de la Russie
En 2014, suite aux manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine, le Chef de l’État Viktor Ianoukovitch a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental. La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, majoritairement russophones.
Des affrontements meurtriers déclenchés dans la foulée de la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.
La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou un accord de cessez-le-feu, connu comme les Accords de Minsk, qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.
Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats le long des régions frontalières avec l’Ukraine vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou se préparait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.
Moscou, qui n’a eu de cesse de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne république soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, le 24 février, de lancer une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes de Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de « génocide par Kiev » et « libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme, appelant par là même l’armée ukrainienne à déposer les armes.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj