AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Nemr Baqer al-Nemr, haut dignitaire chiite saoudien, exécuté samedi 2 janvier par les autorités saoudiennes en même temps que 46 autres condamnés à mort, était connu pour son influence sur les chiites du Golfe et son opposition au pouvoir de Riyad.
L'Arabie Saoudite compte entre 10 et 15% de chiites parmi une population totale de 30 millions d’habitants. Cette communauté chiite vit, en grande majorité, dans la région de Qatif (nord-est du pays).
Né en 1959, l'Ayatollah al-Nemr avait poursuivi son éducation religieuse en Iran puis en Syrie avant de revenir dans son pays natal en 1994.
Il était très influent auprès des jeunes et considéré comme le chef des chiites en Arabie Saoudite.
Très vite il a été remarqué par le régime de Riyad pour ses positions ferment contre le pouvoir.
Il a été arrêté à plusieurs reprises dont en 2006 pour avoir réclamé des «élections justes et égales».
De nombreuses violentes manifestations avaient alors éclaté dans le royaume pour protester contre des tortures qui auraient été infligées à al-Nemr.
Il sera libéré.
Des tensions entre les chiites et les forces de l’ordre saoudiennes sont apparues en 2009 après les incidents survenus en février 2009 à Médine entre des pèlerins chiites et la police.
«S'ils continuent à empiéter notre honneur, alors toute résistance sera légitime, et s'il le faut, nous demanderons notre indépendance face au régime de Riyad et nous nous séparerons de l’Arabie Saoudite», avait alors déclaré al-Nemr.
Dans un autre discours, al-Nemr avait plaidé pour un système ressemblant à celui de l’Iran dans la région, entre Bahreïn et l’Arabie Saoudite.
Al-Nemr avait été également très virulent lors des soulèvements chiites à Bahreïn en 2011, n’hésitant pas à s’opposer ouvertement au pouvoir.
Il avait notamment sérieusement critiqué les déclarations du régime contre les supposés soutiens de l’Iran aux insurgés à Bahreïn.
«Au lieu de nous combattre, qu’ils aillent combattre ces pays étrangers qu’ils accusent de provocations, que ce soit l’Iran ou un autre, qu’ils leur montrent à eux leurs mains de fer», avait-il lancé.
En juillet 2012, il a été arrêté pour appels au soulèvement.
Après son procès, al-Nemr a été condamné le 5 octobre 2014 à la peine de mort pour «appels à manifester, pour avoir proner la division et pour attaques contre les forces de sécurité».
En dépit de la réaction de Téhéran après l’exécution d'al-Nemr, celui-ci n’était pas très apprécié en Iran en raison de son opposition à la politique de ce pays en Syrie.
Il était connu pour son opposition à Bachar al-Assad qu’il qualifiait de "tyran" et de "dictateur".