Meher Hajbi
03 Décembre 2019•Mise à jour: 04 Décembre 2019
AA / Liban / Youssouf Hassin
Le ministre libanais des Affaires étrangères dans le gouvernement intérimaire, Gebran Bassil, a déclaré, mardi, que “le succès du gouvernement est plus important que leur présence dans celui-ci”. “Nous choisirons le succès” a-t-il affirmé.
C’est ce qui ressort de la conférence de presse tenue à l’issue la réunion du bloc parlementaire du Liban fort, présidé par Bassil et connu pour son soutien au président libanais Michel Aoun.
“Si notre présence au gouvernement empêche la mise en œuvre du plan d'électricité et de sauvetage, nous sommes prêts à ne pas y être présent pour avoir le succès” a-t-il indiqué.
“On ne s’oppose à rien, on facilite sans imposer des conditions. Toutefois, accordez nous l'électricité et tout ce que les gens demandent, et si nous le mettons en œuvre pour sauver le pays, nous abandonnerons” a-t-il expliqué.
“Le seul critère dont nous disposons pour affecter le Premier ministre est les réalisations et les succès dans l'économie, la sécurité, la stabilité et le pays sont plus importants que toute autre chose” a-t-il assuré.
Pour Bassil Gebran, “ce qui est requis, c'est la confiance dans le gouvernement et la confiance du peuple et du parlement. Les plans et les projets sont prêts et le gouvernement ne devrait que les mettre en œuvre”.
“Le Hezbollah et le mouvement “Amal” ont présenté un gouvernement de technocrates politisés dirigé par le Premier ministre par intérim Saad Hariri. Ce dernier n’a pas accepté et souhaitait diriger un gouvernement de spécialistes, une issue qui n’a pas abouti aussi” a-t-il ajouté.
Ainsi, le chef de la diplomatie libanaise a révélé que leur proposition était de former un gouvernement composé de spécialistes ayant une formation politique en plus des membres du mouvement, mais cette proposition n'a pas été acceptée non plus.
“Nous avons toléré beaucoup de fausses accusations et nous nous sommes tus afin de ne pas aggraver la situation pour pouvoir sortir de l’absence d’un gouvernement, à une autre situation ou on peut entamer le travail. C’est sur cette base que le Président de la République utilise ses pouvoirs avec sagesse et calme pour que le pays n’entre pas dans l’inconnu” a-t-il soutenu.
Depuis la démission du gouvernement de Saad Hariri, le 29 octobre, à la suite de manifestations populaires, durant lesquelles les manifestants ont réclamé la formation d'un gouvernement de technocrates capable de gérer la situation politique et économique dans un pays qui connaît la pire crise économique depuis la guerre civile de 1975-1990.
De son côté, le Hezbollah s’oppose à la formation d'un gouvernement de technocrates et appelle à la formation d'un gouvernement technocrates politisés composé de spécialistes et d'hommes politiques dirigés par Hariri, mais ce dernier a rejeté cette proposition.
Le Liban est, depuis le 17 octobre, le théâtre de manifestations populaires sans précédent, qui ont démarré sur fond de revendications pour une meilleure qualité de vie et des demandes de départ de l'élite politique sans exception, à la suite de la crise économique et financière actuelle.