Betül Yılmaz
29 Avril 2025•Mise à jour: 30 Avril 2025
AA / Beyrouth – Istanbul / Wassim Samih Seifeddine et Betul Yilmaz
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré mardi que toutes les armes seraient placées sous le contrôle de l’État sans provoquer de troubles sécuritaires dans le pays, selon un communiqué de son bureau de presse.
Cette déclaration a été faite lors de sa rencontre à Beyrouth avec une délégation de l’institut Middle East Institute basé à Washington, dirigée par le général américain à la retraite Joseph Votel.
Aoun a réaffirmé l’engagement du Liban à reprendre le contrôle de toutes les armes, soulignant que cette décision est « irréversible car elle bénéficie d’un large soutien du peuple libanais et des pays frères et amis ».
Il a précisé que le retrait des armes ne troublera pas la sécurité du pays, mais qu’il se fera par le dialogue avec les parties concernées.
Le président a également souligné le besoin urgent de l’armée en assistance militaire, appelant les États-Unis à soutenir le Liban dans sa quête de stabilité et de sécurité.
La semaine dernière, Aoun avait déclaré dans une interview que les membres du Hezbollah pourraient intégrer l’armée libanaise et « suivre une formation d’intégration ».
De son côté, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a affirmé que son mouvement ne permettrait en aucun cas son désarmement.
« Nous ne permettrons jamais à quiconque de désarmer le Hezbollah ou la résistance ; cette idée doit être totalement écartée », a-t-il déclaré.
– Sud du Liban
Le président a affirmé que l’armée libanaise accomplit ses missions au sud du fleuve Litani en appliquant pleinement la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Adoptée le 11 août 2006, cette résolution prévoit un cessez-le-feu total entre le Liban et Israël, ainsi que l’établissement d’une zone exempte d’armes entre la Ligne bleue et le fleuve Litani, à l’exception de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).
Aoun a critiqué la présence continue d’Israël sur cinq postes frontaliers au sud du Liban et a appelé Washington à faire pression sur Tel-Aviv pour qu’il se retire.
Pour rappel, un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis novembre, mettant fin à plusieurs mois d’affrontements transfrontaliers entre Israël et le Hezbollah, qui avaient dégénéré en conflit ouvert en septembre.
Les autorités libanaises ont recensé plus de 2 764 violations israéliennes de la trêve, faisant au moins 194 morts et 485 blessés.
– Tensions à la frontière libano-syrienne
Aoun a déclaré suivre de près les tensions à la frontière entre le Liban et la Syrie, affirmant que l’armée libanaise y est déployée pour empêcher « toutes formes de contrebande » et contrôler les mouvements entre les deux pays.
Il a également réaffirmé l’engagement du Liban à œuvrer au retour des Syriens déplacés, précisant que le pays n’est plus en capacité de les accueillir.
Lundi, le Liban a annoncé la création de comités conjoints avec la Syrie pour traiter les dossiers en suspens entre les deux pays.
Longue d’environ 375 kilomètres, la frontière entre le Liban et la Syrie se distingue par sa géographie complexe et comporte six postes de passage officiels.
Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre, les nouvelles autorités syriennes se concentrent sur la stabilisation interne et la reprise du contrôle de leurs frontières, notamment avec le Liban.
Le besoin de coopération renforcée s’est accentué après un incident frontalier à la mi-mars, lorsque le ministère syrien de la Défense a accusé le Hezbollah d’avoir enlevé et tué trois de ses soldats — une accusation que le mouvement libanais a démentie.
* Traduit de l'Anglais par Adama Bamba