Ekip
18 Octobre 2022•Mise à jour: 18 Octobre 2022
AA / Genève / Peter Kenny
Les forces de sécurité iraniennes auraient tué au moins 23 enfants, tandis que des centaines d'autres auraient été blessés, détenus et torturés lors de récentes manifestations pacifiques, a déclaré, lundi, le Comité des droits de l'enfant de l'ONU.
L'agence onusienne a déclaré qu'elle "condamne fermement les graves violations des droits de l'enfant qui ont lieu en Iran dans le contexte des manifestations pacifiques qui ont suivi la mort en détention de Mahsa Amini."
Mahsa Amini, 22 ans, est décédée après avoir été arrêtée par la police des mœurs iranienne dans la capitale Téhéran, le 13 septembre, pour avoir prétendument porté son hijab de manière inappropriée.
Sa mort a déclenché une vague de protestations en Iran, les manifestants réclamant justice et reddition de comptes.
Les autorités ont cherché à imputer sa mort à une crise cardiaque, mais sa famille et de nombreuses autres personnes en Iran ont rejeté cette affirmation, affirmant qu'elle a été victime de brutalité policière.
L'agence des Nations unies a fait état, dans un communiqué, d'informations selon lesquelles certains enfants ont été abattus à balles réelles, tandis que d'autres sont morts sous les coups.
Elle a ajouté que de nombreuses familles ont déclaré avoir subi des pressions pour absoudre les forces de sécurité en déclarant que leurs enfants étaient morts par suicide, ou en faisant de faux aveux.
"Le Comité est également profondément préoccupé par les informations selon lesquelles des enfants ont été arrêtés dans des écoles et détenus avec des adultes, et que certains ont été soumis à des actes de torture", peut-on lire dans le communiqué.
** Centres de rééducation
Le comité de l'ONU s'est dit préoccupé par l'annonce faite, le 12 octobre, par le gouvernement iranien du transfert des enfants arrêtés dans des centres de rééducation psychologique à des fins de redressement et d'éducation.
"Nous exhortons l'Iran à se conformer à ses obligations internationales en matière de droits de l'homme, en particulier celles découlant de la Convention relative aux droits de l'enfant. Cela commence par l'obligation fondamentale de protéger le droit à la vie des enfants en toutes circonstances", a déclaré l'organe des Nations unies.
Il a réaffirmé que l'Iran doit respecter et protéger les droits des enfants à la liberté d'expression et à la protestation pacifique.
"De nombreux enfants, dont beaucoup de filles, manifestent pour faire connaître leur opinion sur des questions qui leur tiennent à cœur", a déclaré le comité.
Et d’ajouter : "Les graves violations des droits de l'enfant en Iran doivent faire l'objet d'une enquête approfondie par des autorités compétentes, indépendantes et impartiales et les responsables doivent être poursuivis."
Le Comité a fait savoir qu'il "continuera de suivre de près la situation en Iran et d'assurer la liaison avec les autres organismes de défense des droits de l'homme concernés afin de mettre un terme aux graves violations des droits des enfants iraniens."
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj