Tarek Fathi Mohamed
17 Mars 2022•Mise à jour: 17 Mars 2022
AA/New York
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exprimé jeudi sa profonde inquiétude face à la « polarisation politique » actuelle en Libye.
C’est ce qui ressort d’un entretien téléphonique entre Guterres et le Premier ministre libyen désigné par la Chambre des représentants à Tobrouk, Fathi Bachagha, selon Stéphane Dujarric, porte-parole du SG des Nations Unies, lors d'une conférence de presse tenue au siège permanent de l'Organisation internationale à New York.
« António Guterres s’est entretenu au téléphone plus tôt ce jeudi avec Fathi Bachagha, ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement d'entente nationale en Libye, qui a été nommé Premier ministre par la Chambre des représentants le 10 février », a déclaré Dujarric.
Il a ajouté que « Le Secrétaire général a discuté avec Bachagha des derniers développements en Libye, et exprimé, lors de cet entretien, sa profonde inquiétude vis-à-vis de la polarisation politique actuelle en Libye, qui comporte des risques importants pour la stabilité durement acquise du pays ».
Selon Dujarric, « Le Secrétaire général a insisté sur l'impératif pour tous les acteurs de préserver le calme et la stabilité sur le terrain, et a réitéré le rejet catégorique des Nations Unies du recours à la violence, à l'intimidation et aux discours de haine ».
« António Guterres a clairement indiqué que l'impasse actuelle exige un dialogue urgent pour trouver une voie consensuelle à même de permettre d’aller de l’avant, et réitéré son soutien inconditionnel aux efforts de médiation de sa conseillère spéciale pour la Libye, Stephanie Williams », a souligné le porte-parole onusien.
La Libye est en proie à une scission politique, après l'installation par la Chambre des députés de Tobrouk (est) de Fathi Bachagha au poste de chef d'un nouveau gouvernement en lieu et place du gouvernement de Dbeibeh, qui refuse de transmettre le pouvoir qu’à un gouvernement, résultante d'un nouveau Parlement élu.
En réponse aux questions des journalistes sur le vis-à-vis actuel de l’ONU en Libye parmi les deux Premiers ministres, Dujarric a déclaré : « Il existe des centres de pouvoir rivaux en Libye (…) Notre objectif est d'apaiser la situation afin que les choses deviennent plus claires pour le peuple libyen et parvenir à la paix ».
En raison des différends entre les institutions officielles libyennes au sujet des lois électorales et du rôle de la justice dans le processus électoral, il n'a pas été possible de tenir les élections, initialement prévues en date du 24 décembre dernier, sous les auspices des Nations Unies.
Williams avait annoncé, le 4 mars, une initiative comportant un appel lancé à la Chambre des députés de Tobrouk et au Conseil d'Etat (législatif-consultatif) pour choisir six représentants parmi leurs membres afin de mettre sur pied une commission chargée d'élaborer une Règle constitutionnelle qui accompagnera le pays vers des élections, « le plus tôt possible ».
La date de la tenue d'élections parlementaires et présidentielle n'a pas encore été arrêtée et les Libyens aspirent à ce que ce scrutin contribue à mettre fin à un conflit armé fratricide qui déchire ce pays pétrolier depuis plusieurs années.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail