Cüneyt Karadağ, Ümit Dönmez
05 Mars 2020•Mise à jour: 05 Mars 2020
AA - Berlin
Il n'est plus possible de protéger l'Europe contre la volonté de l'Europe, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.
C'est ce qui ressort d'une interview qu'il a accordée au journal allemand Bild.
"Des millions de personnes ont été déplacées en Syrie et arrivent à nos frontières, a déclaré le chef de la Diplomatie turque. Le Moyen-Orient est le voisin, et il n'est pas aussi loin que vous pensez. Les événements [au Moyen-orient] affectent également l'Europe."
Cavusoglu a également fustigé l'attitude de la Grèce envers les réfugiés : "La Grèce, membre de l'Union européenne (UE), suspend le droit international et le droit de l'UE. Elle tire sur terre et en mer, sur les réfugiés demandant sa protection, et agit de façon inhumaine envers ceux qui se sont réfugiés à ses frontières, en coulant des bateaux, en attaquant avec des bombes lacrymogènes. Elle a tué 3 personnes et en a blessé d'autres."
Le ministre turc a critiqué les pays se permettant de porter un jugement au soutien apporté par la Turquie aux civils à Idleb, en Syrie, ainsi qu'aux réfugiés en Turquie, alors que ces pays ne font guère d'efforts pour eux-mêmes, apporter un réel soutien aux réfugiés ou une résolution aux crises provoquant les exils massifs.
"Il est insensé et irresponsable de dire 'que les réfugiés ne viennent pas chez nous et que la Turquie s'en charge'. Nous ne tolérons plus cela, a noté Cavusoglu. Notre pays ne peut pas porter seul ce lourd fardeau. Il n'est pas honnête de voir cela [notre attitude] comme une menace, un chantage ou une manœuvre politique. Nous fournissons la protection et le soutien nécessaires à 4 millions de personnes dans notre pays. Nous suivons le principe de non-refoulement. Il n'y a aucun changement dans notre politique en matière de réfugiés. D'un autre côté, nous n'avons pas à arrêter les réfugiés qui veulent rejoindre un pays pour leur sécurité."
Décrivant le déplacement et l'exil des personnes comme "le problème de notre ère", Cavusoglu a conclu que la chose logique est de résoudre ce problème là où il est identifié.