Ekip
09 Novembre 2022•Mise à jour: 09 Novembre 2022
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Le maire de Marseille, Benoit Payan, et le président du conseil exécutif corse, Gilles Simeoni, se disent prêts à accueillir l’Ocean Viking afin de permettre aux 234 passagers qui s’y trouvent, de débarquer.
« Conformément à sa tradition d’hospitalité et pour éviter toute perte de vie humaine, la Corse est prête, si nécessaire, à accueillir temporairement l’Ocean Viking dans l’un de ses ports » a écrit mercredi le responsable politique de l’île de beauté sur ses réseaux sociaux.
Il s’agit selon lui, d’un « simple et élémentaire devoir d’humanité », et déplore « un bras de fer » entre Paris et Rome, « au détriment de la santé » de « personnes qui sont en état de détresse ».
Benoît Payan appelle quant à lui la France à « ouvrir un port en urgence et prendre ses responsabilités ».
« Marseille, fidèle à son histoire, se tient prête » à accueillir « les naufragés, enfants, femmes et hommes à bord de l’Ocean Viking » qui doivent être « secourus », a notamment publié le maire de la ville sur son compte Twitter.
Ces prises de positions interviennent alors que l’ONG SOS Méditerranée exhorte « les autorités maritimes françaises à assigner un port sûr pour le débarquement des rescapés bloqués à bord de l’Ocean Viking depuis 18 jours ».
Dans un communiqué publié mardi soir, l’organisation assure qu’il s’agit « d’une urgence humanitaire nécessitant une réponse immédiate ».
« Ces derniers jours et ces dernières heures, notre équipe a observé une détérioration drastique de la santé physique et mentale des femmes, des enfants et des hommes bloqués sur le pont de notre navire sans solution de débarquement » précise SOS Méditerranée.
L'ONG de pointe également l'attitude jugée « inhumaine » de l'Italie, qu’elle accuse d’avoir « violé les lois maritimes et humanitaires (…) de manière flagrante ».
SOS Méditerranée rappelle par ailleurs que début novembre, deux navires humanitaires se sont réfugiés dans les eaux territoriales italiennes pendant une tempête, et que seule une partie des personnes rescapées, « choisie de manière discriminatoire », a été autorisée à débarquer.
L’absence de solution « nuit gravement à leur sécurité : en désespoir de cause, hier, trois d’entre elles ont sauté par-dessus bord » faut savoir l’ONG.
De son côté, l’extrême-droite est vent debout contre l’accueil en France, de ces candidats à l’immigration.
Le président du Rassemblement National, Jordan Bardella, a affirmé que si son parti était au pouvoir, « l'Ocean Viking n’accosterait pas sur les côtes françaises » et considère que « parce qu’elle est dissuasive, (sa) fermeté en matière migratoire est en vérité la politique la plus humaine ».
Au cours d’une conférence de presse depuis le Palais Bourbon, plusieurs députés de gauche, parmi lesquels Benjamin Lucas ou encore Carlos Martens Bilongo, ont appelé Emmanuel Macron à accorder à l’Ocean Viking, le droit d’accoster dans un port français.