Ümit Dönmez
19 Décembre 2024•Mise à jour: 19 Décembre 2024
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le match de Ligue des champions de basketball entre le club français Nanterre 92 et son homologue israélien Hapoel Holon a été marqué mercredi soir par une action de spectateurs pro-palestiniens au Palais des Sports de Nanterre. Ces derniers ont traversé le terrain avec des drapeaux palestiniens, attirant l’attention sur la situation en Palestine. L’interruption n’a duré que quelques minutes, sans que les joueurs n'aient à quitter le terrain, selon la préfecture de police.
Après leur passage sur le terrain, les spectateurs ont regagné les tribunes, où des échanges tendus ont eu lieu avec certains supporters israéliens.
Les forces de l’ordre ont calmé la situation et procédé à sept interpellations. Des drapeaux palestiniens ont également été déployés en tribunes, soutenant le message des militants présents.
Cette mobilisation survient après plusieurs jours de tensions autour de la tenue de ce match.
Plus tôt mercredi, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise avait suspendu l’arrêté municipal qui prévoyait un huis clos, répondant ainsi à une demande de la préfecture des Hauts-de-Seine.
Par voie de communiqué, le maire de Nanterre, Raphaël Adam, avait expliqué avoir demandé un huis clos "par mesure de sécurité", tout en précisant que cette décision était suspendue par la justice. "L'État assumera ce soir la sécurité à Nanterre", avait-il ajouté.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte marqué par une mobilisation importante ces derniers jours. Samedi 14 décembre, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté à l’appel d’organisations telles qu’EuroPalestine pour dénoncer ce qu’elles perçoivent comme une instrumentalisation du sport par Israël. Un communiqué de ces organisations décrit le club Hapoel Holon comme un "symbole de la normalisation de l'occupation" israélienne de la bande de Gaza.
Pour rappel, le conflit entre Israël et le Hamas, déclenché le 7 octobre 2023 à la suite d'une attaque du mouvement palestinien, a entraîné une déclaration de guerre israélienne contre les Palestiniens dans la bande de Gaza.
Cette riposte, marquée par des frappes aériennes et une invasion terrestre, a causé un bilan humain catastrophique : plus de 45 000 morts, dont une majorité d'enfants et de femmes, ainsi que plus de 105 000 blessés. Les destructions massives ont laissé des centaines de milliers de personnes sans abri.
En parallèle, l'Afrique du Sud a déposé une plainte contre Israël devant la Cour internationale de Justice (CIJ) pour des accusations de génocide à Gaza.
Le mois dernier, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la bande de Gaza.