Ayhan Şimşek
03 Juillet 2018•Mise à jour: 03 Juillet 2018
AA / Berlin / Ayhan Simsek
Un tribunal allemand se prononcera la semaine prochaine sur le meurtre de huit immigrés turcs par le groupe néo-nazi NSU, dans une affaire très médiatisée qui a révélé un problème de "racisme institutionnel" en Allemagne.
Le juge président Manfred Goetzl a déclaré lors de l'audience de ce mardi - la 437ème depuis le début du procès en 2013 - que le tribunal régional supérieur de Munich rendrait sa décision le 11 juillet.
Les avocats de la défense devraient conclure leurs derniers arguments cette semaine.
Le NSU (Nationalsozialistischer Untergrund [Parti national-socialiste souterrain]), a tué huit immigrés turcs, un immigré grec et une femme policière allemande entre 2000 et 2007 - mais les meurtres sont restés longtemps non résolus.
Le groupe n'a été révélé qu'en 2011, lorsque deux de ses membres - Uwe Mundlos et Uwe Bohnhardt - sont morts après un braquage de banque raté. La police avait alors trouvé des armes et des supports de propagande dans leur appartement.
La troisième membre, Beate Zschaepe, a jusqu'ici nié tout rôle dans les tueries et a tenté de rejeter la faute sur ses deux amis. Actuellement, quatre autres suspects sont accusés d'avoir soutenu le groupe d'extrême droite.
Le scandale entourant le NSU a conduit à de nombreuses critiques à l'encontre des agences de sécurité allemandes, accusées par les partis d'opposition de tolérer les extrémistes de droite et de ne pas empêcher les actions violentes visant les immigrés.
Jusqu'en 2011, les services de police et de renseignement allemands excluaient tout motif raciste des meurtres et traitaient plutôt les familles des immigrés comme des suspects dans l'affaire, les interrogeant sur des liens présumés avec les réseaux de crime organisé et de drogue.
Des révélations récentes ont montré que l'agence de renseignement allemande BfV avait des douzaines d'informateurs qui avaient des contacts avec les suspects du NSU depuis la fin des années 1990.
Les responsables allemands ont toutefois insisté qu'ils n'avaient aucune connaissance préalable de la cellule terroriste du NSU et de son rôle suspecté dans les tueries.
Beaucoup de questions sur les meurtres restent encore à résoudre, car des dizaines de dossiers secrets appartenant au service de renseignement national ont été détruits peu après la mort de Mundlos et Bohnhardt en 2011.