Mennatallah H. H. M. Said A.
24 Février 2022•Mise à jour: 25 Février 2022
AA / Moscou
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a estimé, jeudi, que le lancement de l'intervention militaire de son pays en Ukraine "ne marque pas le déclenchement d'une guerre, mais sa conclusion."
Zakharova a déclaré dans un communiqué de presse : "Tout d'abord, l'invasion de l'Ukraine n'est pas le déclenchement d'une guerre, et c'est une question très importante. C'est notre tentative d'empêcher les événements de se transformer en une guerre. Ensuite, il s'agit de la conclusion de cette guerre", rapporte l'agence de presse russe RIA Novosti.
L'Ukraine a dans ce contexte annoncé que l'opération militaire russe avait coûté la vie à 50 citoyens, incluant des soldats et des civils, jusqu’à jeudi après-midi, du fait des frappes aériennes russes sur les villes ukrainiennes.
Le président russe Vladimir Poutine a annoncé, aux premières heures de jeudi, le lancement d'une opération militaire dans la région du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, ce qui a suscité des réactions de colère de la part de différents pays du monde et des appels à un durcissement des sanctions contre Moscou.
- La crise du Donbass et l’intervention militaire de la Russie
En 2014, suite aux manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine, le Chef de l’État Viktor Ianoukovitch a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental. La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, majoritairement russophones.
Des affrontements meurtriers déclenchés dans la foulée de la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.
La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou un accord de cessez-le-feu, connu comme les Accords de Minsk, qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.
Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats le long des régions frontalières avec l’Ukraine vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou se préparait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.
Moscou, qui n’a eu de cesse de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne république soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, le 24 février, de lancer une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes de Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de « génocide par Kiev » et « libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme, appelant par là même l’armée ukrainienne à déposer les armes.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj