Khalaf Rasha
12 Décembre 2016•Mise à jour: 13 Décembre 2016
AA / Rangoun
La ministre des Affaires étrangères du Myanmar, Aung Sann Suu Kyi, a invité, lundi, ses homologues des pays de l’Association des nations du Sud-est asiatique (ASEAN) à se réunir pour examiner la situation actuelle dans l’Etat de l'Arakan, subdivision administrative du Myanmar, où des craintes se font entendre quant aux «violations» des droits des Rohingyas musulmans.
«La ministre a invité ses homologues dans la région à une réunion non-officielle, qui aura lieu le 19 décembre, dans la capitale économique du pays Rangoun, pour discuter de la question d’Arakan», a annoncé, à Anadolu, le directeur général des affaires politiques au sein du ministère birman des Affaires étrangères.
Selon des associations de défense des droits des Rohingyas, quatre-cents musulmans d’Arakan ont été tués par la police du Myanmar, tandis que le gouvernement affirme que le nombre de morts ne dépasse pas les 86.
Au milieu de l’année 2012, des émeutiers bouddhistes ont pris d’assaut le village où vivaient des Rohingya près de la capitale provinciale de l’Etat de Rakhine (Arakan), Sittwe, brûlant tout sur leur passage et lynchant de nombreux habitants Rohingyas.
La violence s’est alors propagée à travers l’Etat pour finalement atteindre la région centrale du Myanmar causant le déplacement d’environ 140. 000 personnes, pour la majorité des Rohingyas, maintenant relégués dans des camps infestés de maladies, sous un système apparenté à l'Apartheid.
L’Organisation des Nations Unies (ONU) considère la minorité musulmane Rohingya, dont la plupart réside dans l’ouest du Myanmar, comme le peuple le plus persécuté au monde. Ils se voient refuser les droits à la citoyenneté et doivent faire face à de fréquentes violences et discriminations ethniques, forçant plusieurs d’entre eux à fuir vers les pays voisins.
EZ