Amir Latif Arain
06 Septembre 2026•Mise à jour: 06 Septembre 2026
Entassées dans des centres d’hébergement surpeuplés, des milliers de femmes enceintes et de jeunes mères peinent à accéder aux soins et à préserver leur intimité, alors que le bilan des crues soudaines dévastatrices au Népal s’élève à 1 341 morts et que des milliers de personnes restent portées disparues, selon des responsables et des médias locaux.
Le bilan cumulé des inondations et des glissements de terrain survenus le long de la frontière entre le Népal et la Chine atteint désormais 1 384 morts. Quelque 5 519 personnes étaient toujours portées disparues dimanche, onze jours après la catastrophe, selon les données officielles des deux pays.
L’Autorité nationale népalaise de réduction et de gestion des risques de catastrophe a indiqué qu’environ 5 000 personnes, dont 589 ressortissants étrangers, étaient toujours recherchées.
Les autorités chinoises ont, de leur côté, fait état d’au moins 43 morts et de 519 disparus dans la région autonome du Xizang, également appelée Tibet, dans le sud-ouest du pays.
Au total, 850 ressortissants étrangers figurent parmi les personnes portées disparues, selon les chiffres officiels du Népal et de la Chine.
Les routes et les ponts ayant été endommagés par les inondations et les glissements de terrain, les mères déplacées éprouvent de grandes difficultés à trouver des espaces adaptés pour allaiter, à obtenir des repas compatibles avec les horaires d’allaitement ou à accéder aux soins d’urgence en cas de complications lors d’un accouchement, rapporte le quotidien anglophone Kathmandu Post.
Elles dénoncent également la fumée de cigarette, les odeurs d’alcool ainsi que le manque d’hygiène de la nourriture et de l’eau, qui provoque des troubles digestifs chez les mères et leurs nourrissons.
Les centres d’hébergement ne disposent par ailleurs d’aucun service de vaccination pour les enfants.
« Nous ne recevons même pas les repas à l’heure et nous n’avons pas suffisamment à manger », témoigne une jeune mère ayant demandé à être identifiée uniquement sous le nom de Pariyar.
Elle a fui son domicile lorsque les inondations ont frappé sa ville de Trishuli, dans la matinée du 26 août. Elle vit désormais sous le même toit que des dizaines d’inconnus dans un centre d’hébergement.
« Aucun aliment particulier n’est fourni aux bébés. Nous sommes obligées de donner aux jeunes enfants la même nourriture lourde que celle servie aux adultes », déplore une autre mère, Sharmila Shrestha.
« Si seulement nous disposions d’un endroit décent et convenable où séjourner, cela nous apporterait un peu de tranquillité d’esprit », ajoute-t-elle.
Shrestha et ses deux enfants dorment dans une salle de classe bondée, au sein d’une école transformée en centre d’accueil.
Selon les estimations du Fonds des Nationsies Unis pour la population (UNFPA), environ 4 430 femmes enceintes vivent dans les zones affectées de 15 municipalités des districts de Rasuwa, Nuwakot et Dhading, les plus durement frappés par les inondations.
Près de 500 naissances pourraient avoir lieu au cours du prochain mois, tandis qu’environ 74 femmes pourraient nécessiter des soins obstétricaux d’urgence.
À l’hôpital de Trishuli, la maternité a été transformée en unité improvisée de médecine de crise.
La responsable du service, Basanti Pancha, a indiqué que neuf accouchements avaient été pratiqués depuis les inondations, mais que l’établissement peinait à répondre à l’ensemble des besoins.
Des femmes continuent d’y affluer en raison de fièvres, d’une diminution des mouvements du fœtus ou d’infections urinaires pendant la grossesse, a-t-elle ajouté.
L’approvisionnement en électricité reste également instable et un générateur constitue la seule source d’énergie disponible pour les opérations chirurgicales.
« Auparavant, Katmandou n’était qu’à deux heures de route. Mais désormais, personne ne sait combien de temps le trajet peut prendre en raison des glissements de terrain », a déclaré Pancha.
*Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore