Ümit Dönmez
09 Mai 2026•Mise à jour: 09 Mai 2026
AA / Paris / Ümit Dönmez
Neuf militants d’ultradroite ont été interpellés et placés en garde à vue samedi à Paris, à proximité du quartier Saint-Michel, alors que les autorités avaient interdit à la fois le défilé du Comité du 9-Mai et la contre-manifestation antifasciste « Pas de nazis dans Paris ».
Selon les informations de BFMTV, les personnes interpellées étaient en possession de couteaux, de matraques télescopiques et de gants coqués. La chaîne, citant des sources concordantes, précise que les arrestations ont eu lieu « à quelques centaines de mètres du lieu d’où devait partir le défilé néonazi du Comité du 9-Mai ». La manifestation antifasciste devait également avoir lieu dans le même quartier de Paris.
Les suspects ont été placés en garde à vue pour « dégradations » et « participation à un groupement en vue de commettre des violences ». « Ils avaient manifestement l’intention d’en découdre », a déclaré une source policière à BFMTV.
Le quartier Saint-Michel, où devait également se tenir la contre-manifestation antifasciste, a été placé sous importante surveillance policière tout au long de la journée, comme a pu le constater le correspondant d'Anadolu, présent sur place.
Seuls des policiers et des CRS étaient visibles autour de la place Saint-Michel et des rues adjacentes. Plusieurs fourgons de police et unités mobiles occupaient les accès au quartier afin d’empêcher tout regroupement et prévenir d’éventuels affrontements.
Selon les constatations effectuées sur place, aucun cortège n’a pu se former du côté antifasciste. Les forces de l’ordre procédaient à des contrôles réguliers dans le secteur, notamment aux abords de Notre-Dame et des quais de Seine.
La préfecture de police de Paris a également indiqué, selon BFMTV, que douze personnes avaient été verbalisées pour non-respect de l’arrêté d’interdiction de manifester.
Le défilé du Comité du 9-Mai, organisé chaque année en hommage à Sébastien Deyzieu, militant nationaliste mort en 1994 lors d’une course-poursuite avec la police, avait été interdit cette semaine par la préfecture de police de Paris. Cette interdiction a ensuite été confirmée successivement par le tribunal administratif puis par le Conseil d’État.
Cette décision marque une rupture pour ce rassemblement annuel de l’ultradroite française, autorisé depuis plusieurs années malgré les critiques récurrentes d’associations et d’organisations antifascistes dénonçant ses références néofascistes.