Feiza Ben Mohamed
21 Mai 2024•Mise à jour: 21 Mai 2024
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Les émeutes qui sévissent depuis une semaine en Nouvelle-Calédonie sont le fait de « jeunes kanaks en déshérence » qui « sont utilisés pour passer à l’acte », a affirmé le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin, auditionné mardi devant la commission des lois de l’Assemblée nationale.
« Il y a des jeunes kanaks en déshérence qui sont accumulés dans des squats, accumulés dans des logements sociaux, accumulés dans des difficultés (…) et qui aujourd’hui pour une partie d’entre eux, sont utilisés (…) pour passer à l’acte », selon le locataire de Beauvau.
D’après ce dernier, ces violences ne sont donc pas le fait de « militants indépendantistes contre une population qu’ils considéraient comme ne pouvant pas être électeurs de la Nouvelle-Calédonie ».
Et de poursuivre : « Ce n’est pas une violence politique. Elle a été utilisée politiquement par le CCAT (cellule de coordination des actions de terrain) mais ce n’est pas en soi une violence politique ».
Gérald Darmanin assure, par ailleurs, avoir donné « des moyens proportionnés pour que personne ne soit tué dans ces actions de reconquête du territoire national, qu’il s’agisse des forces de l’ordre mais aussi des émeutiers ».
Il souligne à ce propos « qu’aucun des morts n’a été le fait des forces de l’ordre » et que « la police et la gendarmerie se sont tenues de manière républicaine », alors même que certaines gendarmeries « ont été attaquées à la hache et pillées ».
Dans le détail, le ministre de l’Intérieur annonce que ses services ont prévu de procéder à 23 perquisitions administratives, dont 5 ont déjà été réalisées, et ont interpellé 276 personnes dont 248 ont été placées en garde à vue.
Pour rappel, suite aux violences qui sévissent dans l’archipel calédonien depuis une semaine, le gouvernement français a décidé d’instaurer plusieurs mesures restrictives en matières de liberté, dont un couvre-feu en vigueur entre 18 heures et 6 heures (heure de Nouméa), l’interdiction de TikTok mais également un passage sous état d’urgence.
Emmanuel Macron partira pour la Nouvelle-Calédonie dès ce mardi soir pour une visite qui doit durer une journée au cours de laquelle il doit échanger « avec les forces vives locales », comme l’a annoncé le Premier ministre Gabriel Attal face à l’Assemblée nationale.
La situation en Nouvelle-Calédonie reste encore tendue après une semaine de violences et le bilan toujours provisoire s’élève à six morts, dont deux gendarmes.
À noter que les émeutes interviennent en réaction au projet de loi visant à acter un dégel du corps électoral dans l’archipel.