Ayşe Başhoruz
26 Septembre 2026•Mise à jour: 26 Septembre 2026
Près de 1,5 million de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur d’Haïti, où la crise liée aux violences s’étend au-delà de la capitale, selon un communiqué de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le 25 septembre.
Selon les données de la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM, près de 80 % des personnes déplacées se trouvent désormais en dehors de Port-au-Prince. L’Organisation relève ainsi une évolution géographique de la crise, avec des déplacements en hausse dans des régions jusque-là considérées comme relativement plus sûres.
La hausse la plus importante relevée dans les données de l’OIM concerne le département de l’Artibonite, où le nombre de personnes déplacées a augmenté de 16 % entre mai et août 2026.
Les Nations unies ont également indiqué récemment qu’environ 1 500 personnes avaient été déplacées dans l’Artibonite au cours d’une seule semaine de septembre. Selon les informations communiquées par l’OIM à l’ONU, environ 900 personnes avaient trouvé refuge auprès de familles d’accueil dans les communes de Saint-Marc et Verrettes, tandis que 600 autres avaient fui les violences à Saint-Michel-de-l’Attalaye.
À Kenscoff, près de la capitale, des attaques armées ont également provoqué le déplacement de plus de 4 000 personnes, selon l’OIM. Des maisons ont été incendiées et des enlèvements ainsi que des pertes en vies humaines ont été signalés dans le cadre de ces violences.
De nombreux déplacés vivent actuellement auprès de familles d’accueil, dans des sites informels, des sites collectifs ou d’autres conditions précaires. Selon l’OIM, cette situation accroît leur vulnérabilité face aux événements météorologiques extrêmes.
« Pour les familles déjà déplacées par les violences, une tempête majeure pourrait déclencher une nouvelle urgence humanitaire », a déclaré Elise Verron, coordinatrice principale des urgences de l’OIM en Haïti. Elle a souligné que de nombreux ménages disposent de ressources limitées pour faire face à de nouveaux chocs, tandis que les communautés d’accueil sont déjà soumises à une forte pression.
Elise Verron a également estimé que les tendances actuelles montrent une extension géographique de la crise.
« Ce que nous observons en Haïti n’est pas une crise qui passe de l’urgence au relèvement », a-t-elle déclaré, ajoutant que violences, déplacements, insécurité alimentaire, retours forcés et risques climatiques se produisent simultanément.
L’OIM souligne également que les départements frontaliers subissent une pression supplémentaire en raison de la coexistence des déplacements internes et de l’arrivée d’Haïtiens renvoyés des pays voisins.