Mona Saanounı
30 Janvier 2020•Mise à jour: 30 Janvier 2020
AA/Bagdad/Ibrahim Salah
La Mission de l’Organisation des Nations Unies en Irak « MANUI » a annoncé, jeudi, que 467 manifestants irakiens ont été tués, depuis le déclenchement des protestations contre le gouvernement et l’élite politique au pouvoir, au début d’octobre dernier.
Dans un communiqué dont Anadolu a eu copie la « MANUI » a souligné que « pas moins de 467 manifestants ont été tués et plus de 9 mille autres ont été blessés depuis le 1er octobre ».
Et le communiqué d’ajouter que « la continuité des pertes humaines est insupportable ».
La Mission onusienne a précisé, dans ce contexte, que « les données préliminaires indiquent que la majorité des décès et des blessures est causée par l’usage d’armes réelles et de bombes lacrymogènes, tandis que d’autres blessures ont été causées par la violence des forces sécuritaires, recourant aux bâtons, à l’égard des manifestants ».
Elle a souligné, dans son communiqué, que « depuis le 17 janvier courant, au moins 19 manifestants ont été tués et plus de 400 autres ont été blessés par les forces sécuritaires à Bagdad, à Bassorah, à Dhi Qar, à Diyala, à Diwaniya et à Kerbala ».
La MANUI a, entre autres, a indiqué que « l’augmentation de l’usage des armes réelles, dernièrement, par les forces sécuritaires, et l’usage des balles par des éléments armés non-identifiés contre les manifestants sont inquiétants ».
Jeanine Hennis-Plasschaert, Représentante spéciale pour l'Irak du Secrétaire général de l’ONU, a déclaré, pour sa part, que « la protection des droits des manifestants pacifiques par les autorités irakiennes est nécessaire ».
Et d’ajouter que « c’est important de transférer en justice les auteurs des meurtres et des attaques illégales ».
« L’ambiance de peur et de non-confiance n’apporte rien que des dégâts », a-t-elle souligné.
Plasschaert a mis l’accent sur la nécessité de « multiplier les efforts déployés pour briser le silence politique et pour appliquer de grandes réformes ».
Elle a mis en garde, dans le même ordre d’idées, contre l’usage de la force qui fait perdre des vies et ne met pas fin à la crise.
Les chiffres publiés par l’ONU sont moindres que ceux annoncés, récemment, par Amnesty international et le président irakien, Barham Salih. Ces derniers avaient annoncé qu’au moins 600 manifestants avaient été tués depuis le déclenchement des protestations.
Ces données contradictoires interviennent pendant que le ministère irakien de la Santé et les institutions publiques s’abstiennent de communiquer les chiffres qu’ils ont enregistrés.
La mouvance populaire a obligé le gouvernement d’Adel Abdel-Mehdi de démissionner, le 1er décembre dernier. Les protestataires tiennent à la démission de toute l’élite politique à leur comparaison devant la justice pour des accusations de corruption et de mauvaise gestion de l’argent public.
Les politiciens au pouvoir dirigent l’Irak depuis la chute du Régime de Saddam Hussein, en 2003.
L’Irak est en vide constitutionnel, depuis l’expiration des délais, le 16 décembre dernier, accordés au président de la République pour désigner un candidat responsable de la formation du prochain gouvernement. Ce retard est causé par les différends autour du nom du candidat.