Riyaz Khaliq Khaliq
02 Juillet 2024•Mise à jour: 02 Juillet 2024
AA / Istanbul / Riyaz ul Khaliq
Un groupe de travail de l'ONU a déclaré, lundi, que la détention de l'ancien Premier ministre pakistanais Imran Khan est arbitraire et viole le droit international, et qu'il devrait être libéré immédiatement.
Dans un avis, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a appelé à ce que des mesures soient prises pour « remédier sans délai à la situation de M. Khan », qui consisteraient à le libérer « immédiatement et à lui accorder un droit à une indemnisation et à d'autres réparations, conformément au droit international ».
Khan est arrivé au pouvoir en 2018 et a été destitué lors d'un vote de défiance en 2022. Depuis lors, des centaines de procédures judiciaires ont été engagées contre lui, pour des faits allant de la corruption au terrorisme.
Il est en prison depuis août dernier et a été condamné dans trois affaires avant les élections générales de février, au cours desquelles les candidats soutenus par son parti ont remporté le plus grand nombre de sièges mais n'ont pas pu former un gouvernement.
Khan et son parti affirment que ces affaires ont été motivées politiquement pour l'empêcher d'accéder au pouvoir.
Sa condamnation à une peine de prison pour prise de possession et vente illégale de cadeaux d'État (affaire Toshakhana) a été suspendue, tandis que sa condamnation pour fuite de secrets d'État a également été annulée. Il reste cependant en prison en raison d'une condamnation dans une affaire de mariage illégal et doit également répondre d'accusations liées aux violences du 9 mai, lorsque des manifestants ont pris d'assaut des installations militaires après sa première arrestation.
Le groupe de travail a déclaré que l'arrestation, la détention et les poursuites contre Khan dans la première affaire Toshakhana, selon laquelle il aurait dissimulé des informations concernant les cadeaux d'État qu'il a reçus, et dans l'affaire dite « Cipher case », selon laquelle il aurait divulgué un câble secret, n'avaient « aucune base juridique » et semblaient être « motivées politiquement pour l'empêcher de participer à l'élection ».
Appelant Islamabad à diffuser le rapport de l'ONU « le plus largement possible », le groupe a ajouté que le gouvernement n'avait pas répondu à sa communication datée de novembre dernier.
Soulignant qu'aucun procès n'aurait dû avoir lieu contre Khan, le document de 17 pages note : « Compte tenu de son âge, M. Khan purge actuellement une peine d'emprisonnement à vie ».
Il a appelé Islamabad à « garantir une enquête approfondie et indépendante sur les circonstances entourant la privation arbitraire de liberté de M. Khan et à prendre les mesures appropriées contre les responsables de la violation de ses droits ».
Le gouvernement pakistanais n'a pas encore commenté l'avis du groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj