Feiza Ben Mohamed
17 Juillet 2022•Mise à jour: 21 Juillet 2022
AA/Paris/Feïza Ben Mohamed
Le président français Emmanuel Macron a commémoré ce dimanche, les 80 ans de la rafle du Vel d’Hiv, qu’il a qualifiée de « premier cercle de l’enfer », dans un discours tenu depuis la gare de Pithiviers.
« Des milliers de familles basculèrent en plein cauchemar, seulement parce qu’elles étaient juives » a rappelé le chef de l’Etat, fustigeant « l’irréparable ».
Il estime que « ces heures noires souillent à jamais » l’histoire de la France, reprenant ainsi les mots du président Jacques Chirac.
« Oui, agissant au nom de la France, l'État de Pétain, Laval, Bousquet, manqua de manière délibérée à tous les devoirs de la partie des Lumières et des droits de l'Homme » a reconnu Emmanuel Macron avant de préciser que « ce n’était pas là toute la France, la République. La République, l'esprit de la France n’étaient pas à Vichy, à Paris, à Drancy. Elle vivait (...) avec ceux qui deviendrait des Justes parmi la nation, (...) elle vivait avec De Gaulle et les forces de la France libre ».
S’agissant de l’antisémitisme, le chef de l’Etat a martelé quatre mots d’ordre « Réprimer et punir, commémorer et instruire ».
« Il profane nos tombes, il s'immisce dans les débats dans certains plateaux de télévision, il joue de la complaisance de certaines forces politiques, il prospère aussi d’une certaine forme de révisionnisme, voire de négationnisme (...) L'antisémitisme est encore là » a-t-il mis en garde.
À noter qu’Emmanuel Macron a prononcé ce discours solennel en présence de nombreuses personnalités politiques, à la gare de Pithiviers, qui n’accueille plus de voyageurs depuis les années 60 et qui a été transformée en mémorial de la Shoah.
Ce lieu a été le deuxième site français de déportation avec plus de 8 000 juifs, envoyés vers des camps de la morts au départ de Pithiviers.
Pour rappel, entre le 16 et le 17 juillet, plus de 13 000 juifs ont été déportés avant d’être acheminés vers des camps de concentration.