Aysu Biçer
14 Février 2024•Mise à jour: 14 Février 2024
AA / Londres / Aysu Bicer
La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés a adressé, lundi, une réprimande cinglante à Israël pour lui avoir interdit l’accès à son territoire, estimant qu'il s'agit là du dernier cas d'exclusion de rapporteurs spéciaux de l'ONU depuis 2008 et d'une tentative de détourner l'attention de l'escalade des atrocités commises dans la Bande de Gaza.
La déclaration de Francesca Albanese s'inscrit dans un contexte d'intensification de la violence à Gaza, en particulier dans la ville méridionale de Rafah, une zone censée être sûre où les civils ont cherché refuge, avant de subir des bombardements dévastateurs.
"Le fait qu'Israël me refuse l'entrée n'est pas nouveau : Israël a refusé l'entrée à tous les rapporteurs spéciaux des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés depuis 2008 ! Cela ne doit pas détourner l'attention des atrocités commises par Israël à Gaza, qui atteignent une nouvelle dimension d'horreur avec le bombardement de personnes se trouvant dans des 'zones sûres' à Rafah", a-t-elle déclaré sur X.
Témoignant son soutien à Francesca Albanese, l'ancien responsable de l'ONU et militant des droits de l'homme Craig Mokhiber a déclaré sur X : "Les attaques incessantes contre la militante des droits de l'homme Francesca Albanese, la courageuse et intègre rapporteuse de l'ONU sur les droits de l'homme en Palestine, sont à la fois manifestes et exaspérantes. Honte à ceux qui 'tirent sur le messager' pour détourner l'attention du monde des crimes d'Israël. Cela ne fonctionnera pas".
Pour vaincre ce qu'il appelle les derniers "bataillons du Hamas", Israël a annoncé une offensive au sol à Rafah, où plus d'un million de personnes ont trouvé refuge pour fuir la guerre.
L'offensive annoncée fait craindre une catastrophe humanitaire à Rafah, où les Palestiniens se sont réfugiés alors qu'Israël pilonnait le reste de l'enclave, depuis l'incursion transfrontalière menée, le 7 octobre 2023, par le mouvement de résistance palestinien Hamas.
Les bombardements israéliens qui ont suivi ont fait plus de 28 000 morts, provoqué des destructions massives et des pénuries de produits de première nécessité.
La guerre israélienne contre Gaza a engendré de graves pénuries de nourriture, d'eau potable et de médicaments, poussant 85 % de la population à se déplacer à l'intérieur du territoire, tandis que 60 % des infrastructures de l'enclave ont été endommagées ou détruites, selon les Nations unies.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj