Lassaad Ben Ahmed
25 Août 2021•Mise à jour: 26 Août 2021
AA / Paris / Fatih KARAKAYA
Les pays du G7, réunis mardi virtuellement sous la présidence du Royaume-Uni, ont affirmé qu'ils jugeraient les parties afghanes « sur leurs actes et non sur leur discours », en réponse à la déclaration des Taliban sur le respect du « droit de chacun et qu’il n’y aura pas de vengeance ».
Les pays du G7 s'exprimaient dans une déclaration commune publiée par l'Elysée sur son site mardi dans la soirée et consultée par l'Agence Anadolu.
Par ailleurs, le groupe des 7 met en garde les Taliban sur les mesures à prendre « pour prévenir le terrorisme, en matière de droits de l’Homme, notamment pour les femmes, les filles et les minorités, et dans la recherche d’une solution politique participative en Afghanistan ».
Pour le G7 qui semble prêt à reconnaitre le gouvernement des Taliban, les chefs d’Etat et de gouvernement considèrent que « la légitimité de tout futur gouvernement reposera sur l’approche qui sera dès à présent adoptée dans le respect des obligations et des engagements internationaux visant à garantir la stabilité de l’Afghanistan ».
Le communiqué appelle le futur gouvernement afghan, quel qu’il soit, au respect des « obligations et engagements internationaux de l’Afghanistan dans la lutte contre le terrorisme, protéger les droits de l’Homme, notamment pour les femmes, les enfants, les minorités ethniques et religieuses, respecter l’état de droit, permettre l’accès de l’aide humanitaire sans entrave ni condition, et lutter efficacement contre les trafics d’êtres humains et de drogue ».
Ainsi, le G7 propose « à toutes les parties afghanes à collaborer de bonne foi à l’établissement d’un gouvernement ouvert et représentatif, permettant notamment une participation des femmes et des groupes minoritaires ».
Rappelant une fois de plus, « l’engagement pérenne aux côtés de la population afghane », le G7 se dit prêt à soutenir « les Nations Unies dans son rôle de coordination de la réponse humanitaire internationale d’urgence dans la région, en particulier pour que l’aide humanitaire puisse être acheminée sans entrave en Afghanistan ».
Selon ce communiqué, les Etats membres réaffirment leur « ferme engagement envers le peuple afghan» et soutiennent «la déclaration du Conseil de sécurité des Nations Unies du 16 août » courant.
Se disant préoccupés par la situation en Afghanistan, les chefs d’Etat « appellent au calme et à la retenue, afin de garantir la sécurité et la sûreté des Afghans vulnérables et des ressortissants internationaux, et de prévenir une crise humanitaire ».
Après avoir «rendu hommage aux sacrifices consentis par le peuple afghan (...)», le Groupe des Sept réitère sa demande « de respect des obligations du droit international, des droits de l’Homme, notamment les droits des femmes, des filles, des minorités, ainsi qu’au respect du droit international humanitaire en toutes circonstances ».
Concédant que « la population afghane mérite de vivre dans la dignité, la paix et la sécurité, après deux décennies d’avancées au plan politique, économique et social », les responsables exigent que « l’Afghanistan ne doit plus jamais redevenir un sanctuaire du terrorisme ni fomenter des attaques terroristes dirigées contre les autres pays ».
Par ailleurs et malgré l’ultimatum lancé par les Taliban sur la date du 31 août, le G7 annonce que « sa priorité est dans l’immédiat est de veiller à l’évacuation en toute sécurité de nos ressortissants et des Afghans qui ont été nos partenaires et nous ont aidés au cours des vingt dernières années et à continuer à permettre un passage sûr pour quitter l’Afghanistan ».
Selon ce communiqué, les membres du G7 ont décidé « d’élaborer une approche commune en matière d’itinéraires sûrs et légaux dans un objectif de réinstallation ».
Plusieurs pays continuent d’évacuer leurs ressortissants ainsi que des Afghans qui ont travaillé pour eux par l’aéroport international de Kaboul, seul endroit encore sous contrôle international.
Pour rappel, les Taliban avaient pris le contrôle de la capitale Kaboul le 15 août courant, au terme d'une offensive d''une dizaine de jours parallèlement au déclenchement de la dernière phase du retrait des forces américaines, dont la fin est prévue le 31 août courant.
Suite à cette percée, plusieurs pays occidentaux ont entamé un rapatriement massifs de leurs ressortissants ainsi que de leurs "partenaires" afghans au cours des deux dernières décennies.