AA - Bern
La jeune collégienne de 14 ans, d’origine macédonienne, qui avait été écartée de son école de Berne en Suisse, parce qu’elle porte le foulard islamique, a pu retourner en cours deux semaines après.
Leyla G. a expliqué au correspondant de l’Agence Anadolu, que le directeur de son école avait décidé qu’elle ne pouvait pas suivre les cours dans son établissement en raison du règlement interdisant le port du voile.
La jeune écolière, qui s’est empressée de faire des recherches sur internet, a découvert qu’il n’avait pas de règles sur la tenue vestimentaire dans les établissements scolaires de Berne.
«Rassurée par cette information, je me suis présentée de nouveau à l’école le lendemain, a-t-elle expliqué. Le Directeur m’a accusée de vouloir le provoquer. Il m’a demandé de rentrer chez moi, m’informant qu’il appellerait mes parents dans la soirée. Je lui ai demandé de me signifier cette décision par écrit. Il a refusé. Un professeur est venu au même moment et m’a menacée d’appeler la police si je ne partais pas.»
Leyla G. a indiqué qu’après de longs débats, elle est rentrée chez elle, effrayée par le comportement agressif du directeur.
Lors de l’appel téléphonique de ce dernier, le père de Leyla a expliqué que sa fille se présenterait de la même manière le lendemain.
Encore une fois, la jeune collégienne a du rebrousser chemin.
C’est à partir de là que la famille s’est adressée au Conseil Central İslamique de Suisse pour demander son aide.
«Le directeur de l’école a repris contact avec mes parents, a-t-elle poursuivi. Il a demandé que mon père lui adresse un courrier expliquant qu’il me demande de porter le foulard. Bien entendu, mon père a refusé, expliquant qu’il s’agit de mon choix personnel, et il l’a réaffirmé dans un mail. C’est après cela que l’affaire a été réglée et que j’ai pu retourner en cours. Je connais mes droits, je me suis battue et j’ai gagné.»
Leyla a remercié ses camarades de classe qui l’ont soutenue pendant cette épreuve et qui lui ont permis de suivre les cours à distance.
Le Secrétaire Général du Conseil Central Islamique de Suisse, Ferah Ulucay, a indiqué qu’il ne s’agissait pas d’une première affaire du genre en Suisse, expliquant qu’une certaine discrimination envers les musulmans existe dans le pays.
«Une jeune fille a vécu la même discrimination, a-t-il indiqué. Nous avons porté l’affaire devant la justice et nous avons gagné en première instance. L’école a fait appel et nous attendons le verdict final. Mais pendant ce temps, cette fille n’a pas pu suivre les cours pendant trois mois. Si nous gagnons, plus aucune fille musulmane ne vivra la même chose en Suisse.»
Le seul canton suisse qui interdit officiellement le port du voile islamique à l’école, est celui de Ticino, dans le sud du pays.