Lassaad Ben Ahmed
25 Juin 2021•Mise à jour: 25 Juin 2021
AA/ Montréal / Hatem Kattou
Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a fait part, jeudi, de sa tristesse, après la découverte de quelque 751 tombes anonymes sur le site d’un ancien pensionnat pour Autochtones dans la province de Saskatchewan (ouest), qui était géré par l’Eglise catholique.
C’est ce qui ressort d’un communiqué mis en ligne, jeudi, par Trudeau, sur son site officiel.
« Aucun enfant n’aurait dû être arraché à sa famille et à sa communauté, et privé de sa langue, de sa culture et de son identité », lit-on dans le communiqué.
« Aucun enfant n’aurait dû passer sa précieuse jeunesse soumis à une terrible solitude et à des abus », poursuit le texte.
« Aucun enfant n’aurait dû passer ses derniers instants dans un endroit où il vivait dans la peur, sans jamais revoir ses proches. Et aucune famille n’aurait dû être privée des rires et de la joie de ses enfants qui s’amusent, et de la fierté de les voir grandir au sein de leur communauté », a encore souligné Trudeau.
Le Premier ministre a ajouté que les découvertes macabres à Marieval et à Kamloops rappellent « de manière honteuse, le racisme, la discrimination et l’injustice systémiques auxquels les peuples autochtones ont été – et sont toujours – confrontés dans ce pays ».
Ensemble, a-t-il relevé, « nous devons reconnaître cette vérité, tirer les leçons de notre passé et avancer sur le chemin commun de la réconciliation ».
La découverte annoncée, jeudi, des 751 tombes anonymes à Marieval dans le Saskatchewan est intervenue, moins d’un mois environ après une découverte similaire de 215 corps d’enfants autochtones à proximité d’un pensionnat pour Autochtones à Kamloops dans la province de la Colombie britannique (ouest).
Il convient de noter que ces pensionnats ont été gérés autrefois par des congrégations de l’Eglise catholique qui s’obstine, malgré les requêtes insistantes formulées par les associations des Premières nations et des peuples autochtones au Canada ainsi que par une partie de la classe politique fédérale et provinciale, à refuser à présenter des excuses.
De son côté, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD, 4ème force politique à la chambre des Communes), Jagmeet Singh a souligné que cette autre découverte « horrifiante oblige les Canadiens à affronter cette réalité ».
Dans un communiqué diffusé sur son compte Twitter, Singh, qui est d’origine indienne, a écrit : « Une autre découverte horrifiante. Des enfants qui ont été volés de leur famille, arrachés de leur communauté ».
Le Canada, a-t-il indiqué, « doit reconnaître la vérité. Il s'agit d'un génocide et la réconciliation exige de ne pas ignorer cette réalité ».
« La réconciliation exige la justice », a-t-il encore lâché.
Pour sa part, le chef national de l'Assemblée des Premières Nations (Autochtones), Perry Bellegarde, a exhorté l’ensemble des Canadiens à « appuyer les Premières Nations en cette période extrêmement difficile et chargée d’émotions ».
« La nouvelle de la découverte de centaines de tombes non marquées dans la Première Nation de Cowessess est absolument tragique, mais pas surprenante », a-t-il écrit sur son compte Twitter.