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09 Décembre 2021•Mise à jour: 09 Décembre 2021
AA/New York
L'ONU a déploré, mercredi, le vol de quantités considérables de son aide humanitaire dans la région Amhara, située à 400 kilomètres au nord de la capitale éthiopienne Addis-Abeba.
C'est ce qu'a annoncé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, lors d'une conférence de presse tenue au siège permanent de l'Organisation internationale à New York.
« Malheureusement, nos collègues sur le terrain nous ont informés que de grandes quantités de vivres, notamment de la nourriture pour les enfants souffrant de malnutrition, ont été pillées dans la ville de Kombolcha relevant de la province Amhahra », a indiqué Dujarric.
« Le vol de nourriture à petite échelle s'est transformé ces derniers jours, en pillage massif d'entrepôts dans les environs de Kombolcha, perpétré par les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et certains habitants de la ville », a-t-il souligné.
Et le porte-parole onusien d’ajouter, « La quantité exacte de nourriture pillée est toujours en cours d’évaluation, mais il est clair que ces incidents vont aggraver la malnutrition et faire perdurer l'insécurité alimentaire dans le nord de l’Éthiopie ».
« On estime que 9,4 millions de personnes dans les provinces du Tigré, Amhara et Afar, ont désormais un besoin urgent d'aide alimentaire, et les équipes du Programme alimentaire mondial (PAM) sur le terrain, n'ont pas pu empêcher le pillage, alors que le personnel humanitaire fait face à de violentes intimidations, dont la séquestration sous la menace d'une arme », a soutenu Dujarric.
En conséquence, a-t-il expliqué, « le PAM a suspendu ses distributions de nourriture dans les villes de Dessie et Kombolcha, relevant de la région Amhara ».
« Ces intimidations à l’encontre du personnel humanitaire exercées par des individus armés, est une chose inacceptable d'autant qu'elles sapent les efforts des Nations Unies et de tous nos partenaires dans le secteur de l’humanitaire pour apporter toute l’aide nécessaire », a ajouté Dujarric.
Il a révélé que « des militaires ont saisi, mardi et mercredi, trois camions appartenant au PAM utilisés dans des opérations humanitaires à Amhara ».
Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) n'a émis aucun commentaire sur les accusations du porte-parole de l'ONU.
Le 4 novembre 2020, des affrontements ont éclaté dans la région du Tigré entre l'armée éthiopienne et les rebelles du TPLF, après l'entrée des forces gouvernementales dans la province, en guise de représailles à une attaque contre une base militaire, avant qu'Addis-Abeba n'annonce le 28 du même mois que l’opération de « maintien de l'ordre » a pris fin par le contrôle de toute la région.
Des rapports font état de violations continues des droits humains au Tigré, où des milliers de civils ont été tués, alors que des centaines de milliers ont été déplacés par le conflit, dont plus de 60 000 personnes ont cherché refuge au Soudan.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail