Adam Abu-bashal
30 Juin 2026•Mise à jour: 30 Juin 2026
AA / Abuja
Une plainte a été déposée devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) contre le Ghana, pour violation présumée de ses obligations internationales dans le cadre de l'expulsion et de l'accueil de migrants renvoyés par les États-Unis en vertu d'« accords avec des pays tiers ».
Selon les médias ghanéens, une procédure judiciaire a été engagée devant la Cour de la CEDEAO au nom des migrants expulsés des États-Unis. Un cabinet d'avocats local, la faculté de droit de l'Université Cornell (États-Unis) et le Conseil mondial pour les litiges stratégiques (GSLC), un regroupement d'organisations non gouvernementales, ont saisi la Cour de justice de la Communauté.
La plainte allègue que le Ghana a violé le droit international et régional en facilitant l'envoi, par les États-Unis, de personnes expulsées vers des pays non sûrs.
L'avocat du GSLC, Oliver Barker-Vormawor, a déclaré que toutes les personnes concernées avaient déposé des demandes d'asile ou d'autres statuts de protection légale aux États-Unis, et que la majorité d'entre elles bénéficiaient déjà de ces protections. « Nul ne doit être renvoyé dans un lieu où il risque d'être confronté à la persécution, à la torture ou à des menaces graves contre son honneur et sa sécurité », a affirmé Me Barker-Vormawor.
Dans un communiqué écrit, le GSLC a indiqué représenter 27 des au moins 60 personnes expulsées des États-Unis vers le Ghana depuis septembre 2025. Le texte précise que ces 27 personnes ne se trouvent plus au Ghana, la plupart ayant dû se cacher après leur retour dans leur pays d'origine ou vivre dans l'incertitude après avoir rejoint des pays tiers.
La controverse autour de la pratique américaine des « pays tiers »
Dans le cadre des « accords avec des pays tiers » mis en œuvre par l'administration du président américain Donald Trump en Afrique et en Amérique latine, le Ghana, mais aussi l'Eswatini, le Rwanda, le Soudan du Sud et l'Ouganda, avaient précédemment accepté d'accueillir des migrants expulsés des États-Unis.
Les défenseurs des droits des migrants critiquent ce programme, affirmant qu'il contrevient au droit international et qu'il expose les demandeurs d'asile à des risques de persécution et de torture.
En juin dernier, une autre plainte avait déjà été déposée devant la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples afin de demander l'arrêt de procédures d'expulsion similaires menées par les États-Unis vers la Guinée équatoriale.
* Traduit du turc par Mariem Njeh