Tarek Fathi Mohamed
22 Juin 2021•Mise à jour: 22 Juin 2021
AA / New York
L'envoyée des Nations unies en Afghanistan, Deborah Lyons, a mis en garde, mardi, le Conseil de sécurité contre un éventuel scénario catastrophe qui attend ce pays asiatique, en raison du retrait des troupes américaines.
Lors d'une session du Conseil sur l'Afghanistan, via vidéoconférence, Lyons a déclaré aux représentants des membres (15 pays) dudit Conseil : "Je n'exagère pas en exprimant mes inquiétudes concernant la situation actuelle", mettant en garde contre un "glissement probable vers un scénario catastrophe (non précisé)".
Elle a estimé que "l'annonce du retrait des forces étrangères d'Afghanistan a provoqué une secousse sismique dans tout le pays".
Washington commence à retirer progressivement ses forces d'Afghanistan, dans le cadre d'un plan qui s'achèvera d'ici septembre prochain, selon ce qu'a annoncé le Président américain Joe Biden.
Les Taliban insistent sur le retrait des forces étrangères pour mettre fin à une guerre qui perdure depuis 20 ans. Ce conflit a, en effet, coûté à Washington environ 2 200 milliards de dollars en plus de 2 400 militaires tués, selon le projet "Coûts de la guerre" de l'Université américaine Brown.
Selon la même source, plus de 50 des 370 districts afghans sont tombés aux mains des talibans depuis début mai. La plupart des districts qui ont été pris entourent les capitales provinciales. « Ce qui suggère que les talibans se positionnent pour tenter de prendre ces capitales une fois que les forces étrangères seront totalement retirées », a souligné Deborah Lyons.
Elle a, dans ce sens, appelé les parties concernées (le gouvernement afghan et les Taliban) à revenir à la table des négociations, et exhorté le Conseil de sécurité à "faire tout son possible pour pousser ces parties dans cette direction".
"Les efforts pour parvenir à un règlement politique, y compris le partage du pouvoir et les élections, manquent de toute participation significative des Taliban", a-t-elle ajouté.
Et la responsable onusienne de poursuivre que "Depuis les négociations de Doha, les Taliban n'ont ni abandonné leur lien avec le terrorisme international, ni respecté leurs engagements vis à vis du cessez-le-feu. Pire encore, ils n'ont pas mis fin à cette violence irrationnelle à laquelle nous assistons aujourd'hui".
Le Qatar avait déjà joué le rôle de médiateur dans les négociations entre Washington et les Taliban, qui ont abouti à la signature d'un accord historique fin février 2020, portant sur le retrait progressif des États-Unis de l’Afghanistan et sur l’échange des prisonniers.
L'Afghanistan est en guerre depuis 2001, lorsqu'une coalition militaire internationale dirigée par Washington a renversé le régime des Taliban, en raison de son association à l'époque avec Al-Qaïda, qui avait revendiqué les attentats du 11 septembre survenus la même année, aux États-Unis.
* Traduit de l'arabe par Hajer Cherni