Bilal Müftüoğlu
31 Octobre 2016•Mise à jour: 01 Novembre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La France "n'abandonnera jamais la Centrafrique" alors qu'elle s'apprête officiellement à mettre fin ce lundi à son opération militaire Sangaris en République centrafricaine (RCA), a annoncé le Premier ministre français Manuel Valls.
Il est "hors de question de laisser ce pays seul", a affirmé Valls, dans une interview à France 24 et RFI depuis la Côte d'Ivoire, dans le cadre sa tournée de quatre jours en Afrique de l'Ouest.
Avec la fin de l'opération française, lancée en 2013 pour stopper les massacres inter-communautaires, c'est celle de l'Organisation des Nations unies, la MINUSCA, qui "doit monter en puissance", a-t-il encore estimé. Et d'ajouter: "Nous n’avons pas vocation à demeurer présents ad vitam aeternam".
Le Premier ministre s'est par ailleurs dit "très inquiet" de la résurgence de violences dans ce pays qui ont fait 25 morts la semaine dernière, tout en soutenant qu'une mission internationale conjointe doit permettre de maintenir la paix civile. "Les Nations Unies, l’Union européenne et la France, ensemble, doivent permettre de sauvegarder la paix civile", a-t-il ainsi noté.
Valls est par ailleurs revenu sur sa tournée africaine, dont le Togo, le Ghana et la Côte d'Ivoire ont constitué les étapes successives, soulignant qu'il est venu adresser "un message d'amour" au continent.
"L’Afrique, c’est le continent d’avenir, et la France et l’Europe doivent être capables de bâtir une alliance avec l’Afrique pour ce XXIe siècle (...) Les principaux enjeux pour l’Europe et pour le monde, que sont la menace terroriste, le défi migratoire, le défi climatique, la démographie, la jeunesse, en grande partie, se jouent en Afrique", a-t-il souligné.
L'opération Sangaris s'achève alors que la Centrafrique connaît encore résurgence des violences en raison de la persistance des bandes armées. Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense, avait même reconnu la semaine dernière que la "stabilité n'est pas revenue" dans le pays.
La France qui laisse tout de même 350 hommes et des drones sur place, notamment pour soutenir l'effort de renseignement de la MINUSCA, "ne laisse pas tomber la Centrafrique", avait également affirmé Jean-Marc Ayrault, ministre français des Affaires étrangères, dans une récente déclaration à la presse.