Nazlı Yüzbaşıoğlu,Nur Asena GÜLSOY
02 Mai 2017•Mise à jour: 02 Mai 2017
AA – Ankara
Le monde musulman s'apprête à mettre en place sa propre «Organisation internationale du Travail » (OIT).
Le directeur général du Centre de Recherche et de Formation statistiques, économiques et sociales (SESRIC) de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI), Musa Kulaklikaya, a accordé une interview à l'Agence Anadolu.
Selon Kulaklikaya, l'OCI a un agenda très chargé, puisqu'elle représente un espace géographique très vaste et une jeune population de deux milliards d'habitants.
Ainsi, il a mis l'accent sur la solidarité dans le monde d'emploi islamique: «Il a été décidé de mettre en place une organisation comme l'OIT des Nations Unies (ONU), qui mènera des études dans le monde du travail et fera des efforts pour l'adoption de standards dans certains sujets. L'organisation sera basée à Bakou. Le rôle du monde de travail dans la lutte contre la pauvreté sera quasiment la feuille de route. Le centre n'est pas encore complètement actif. Le règlement est préparé et a été adopté lors de la réunion de l'OCI en Ouzbékistan. Nous passerons maintenant aux accords d'adhésion des pays. Le centre entrera en fonction une fois que dix pays signeront l'accord.»
Au sujet de l'islamophobie, Kulaklikaya a noté qu'une commission indépendante au sein de l'OCI prépare des rapports sur la perception des Musulmans dans le monde.
«L'islamophobie est malheureusement un sujet important dans le monde de l'Islam, a-t-il fait savoir. En réalité, je ne veux pas utiliser cette notion. Car elle n'a pas été conçue par les musulmans. C'est un concept qui méprise les musulmans et l'Islam. En réalité, ce n'est pas d'une peur face à l'Islam dont il est question. Il faut plutôt dire 'hostilité contre l'Islam'. Nous relevons non pas une peur de l'Islam, mais de l'hostilité.»
Kulaklikaya a regretté que l'Occident marginalise le monde islamique en négligeant le potentiel de coopération.
De ce fait, il a critiqué le discours adopté par les dirigeants politiques et candidats aux élections en Europe.
Par ce faire, il a appelé à une autocritique des Musulmans mais aussi de la part des Occidentaux.
«Il y a des erreurs commises par le biais de l'instrumentalisation de la religion, a-t-il affirmé, notant que le SESRIC a préparé un rapport sur la radicalisation, l'extrémisme et le terrorisme dans le monde islamique.
D'un autre côté, certaines choses sont actuellement attribuées aux Musulmans, qui sont d'ailleurs commises par des Musulmans, mais qui sont inacceptables du point de vue islamique.
D'un autre côté, il y a le fait présent, attribué aux musulmans, réalisé par les musulmans, mais que nous n'acceptons pas du point de vue islamique. J'estime que nous devons admettre cela comme étant un problème interne du monde islamique»