Wassim Samih Seifeddine
27 Octobre 2016•Mise à jour: 27 Octobre 2016
AA / Beyrouth / Wassim Seifeddine
Le ministre saoudien chargé des Affaires des pays du Golfe, Thamer al-Sabhane, entame, dans quelques heures, une visite non-annoncée à Beyrouth, ont révélé, jeudi, des sources diplomatiques à Anadolu.
«Il arrivera aujourd’hui à Beyrouth où il devra rencontrer le Premier ministre libanais Tammam Salam», ont-elles déclaré.
Les deux hommes discuteront de la relation tendue entre leurs pays et de la possibilité d’aplanir leurs différends, mais aussi de l’accord entre le chef du Courant du "al-Moustakbel", Saad Hariri et le président du Courant patriotique libre Michel Aoun concernant la présidence de la République.
Il s’agit de la première visite d’un haut responsable saoudien depuis la crise entre l’Arabie Saoudite et le Liban, à la suite de la non-condamnation par Beyrouth des attaques contre les missions diplomatiques saoudiennes en Iran. Une position qui a fortement déplu aux dirigeants de Riyad.
Jusqu’à 13 :30 GMT, les autorités officielles dans les deux pays n’ont pas encore annoncé la visite.
Le 20 octobre, Saad Hariri, a officiellement annoncé son soutien à la candidature de Michel Aoun, allié du Hezbollah, pour la présidence de la République.
«Cette décision découle de la nécessité de protéger le Liban, son Etat, et sa population», avait-il expliqué.
La présidence libanaise est vacante depuis le 25 mai 2014. La dernière séance électorale avait échoué, le quorum n’ayant pas été atteint. Un prochain scrutin est prévu le 31 octobre courant.
A noter que le ministre al-Sabhane occupait, il y a de cela quelques semaines, le poste d’ambassadeur d’Arabie Saoudite à Bagdad avant d’être muté à la demande du gouvernement de Bagdad, à la suite de ses déclarations jugées « exacerbées et critiques » aux milices chiites de la Mobilisation populaire.
L’Arabie Saoudite accuse le Hezbollah de loyauté à l’Iran et de domination de la décision au Liban et critique souvent son intervention militaire en Syrie pour combattre aux côtés du régime de Bashar al-Assad depuis 2012.
Riyad a inscrit plusieurs membres du Hezbollah sur la liste du terrorisme. A son tour, le mouvement chiite attaque l’Arabie Saoudite sur fond de ses positions politiques, notamment, après le début de l’opération « Tempête de fermeté » au Yémen lancée pour soutenir le gouvernement légitime contre les Houthis.
EZ