Hafawa Rebhi
17 Janvier 2018•Mise à jour: 18 Janvier 2018
AA / Canada / Barry Ellsworth
Le Canada, les Etats-Unis et leurs alliés ont déclaré mardi qu'ils n'accepteraient jamais la Corée du Nord comme puissance nucléaire.
Le secrétaire d'Etat américain, Rex Tillerson, a lancé un avertissement ferme lors d'une conférence de presse après un sommet d'une journée à Vancouver sur les mesures à prendre face à la menace nucléaire croissante de Pyongyang.
En tout, 20 pays se sont rencontrés, et la conclusion a été que les sanctions continueraient d'être rigoureusement appliquées et que des mesures plus sévères, y compris l'interdiction maritime, pourraient être instituées, a déclaré Tillerson. Cela pourrait signifier arrêter et arraisonner des navires soupçonnés de livrer des marchandises sur la liste sanctionnée par l'ONU à la Corée du Nord.
La Russie et la Chine n'ont pas été invitées au sommet - la participation était limitée aux pays qui ont soutenu la Corée du Sud pendant la guerre de Corée au début des années 1950. La Russie et la Chine ont toutes les deux été accusées d'avoir violé les sanctions de l'ONU en expédiant des marchandises en Corée du Nord, en particulier le pétrole. Moscou et Pékin ont toutefois nié l'accusation, tout en condamnant le sommet qui représente à leurs yeux "une menace pour les efforts de paix".
Tillerson avait d'ailleurs un message pour les Russes et les Chinois.
"Nous devons tous insister pour que les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU soient pleinement appliquées, car c'est la lettre de la loi", a-t-il déclaré. "Nous exhortons particulièrement la Russie et la Chine à cet égard".
Le message livré lors de la conférence de presse fut essentiellement le même que celui qui a précédé le sommet.
"La campagne de pression se poursuivra jusqu'à ce que la Corée du Nord prenne des mesures décisives pour la dénucléarisation", a insisté Tillerson.
"C'est une stratégie qui demande et demandera de la patience, mais grâce à votre soutien, le régime [de Pyongyang] est déjà confronté à des coûts qu'il peine à supporter ", a renchéri le chef de la diplomatie étasunienne, en s'adressant à ses alliés.
Le Canada et les États-Unis ont co-organisé le sommet.
La ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, a tenu des propos similaires à ceux de Tillerson alors qu'elle parlait devant un parterre de diplomates et de journalistes avant de se rendre au sommet à huis clos.
"Investir dans les armes nucléaires ne mènera qu'à plus de sanctions et à une perpétuelle instabilité dans la péninsule coréenne", a-t-elle déclaré.
"La poursuite de la nucléarisation ne vous apportera ni la sécurité ni la prospérité", s'est elle ainsi adressé à la Corée du Nord.
Bien que la Corée du Nord et la Corée du Sud soient maintenant engagées dans des pourparlers, le ministre japonais des Affaires étrangères Taro Kono a fait part à ses alliés de ses doutes. Il leur a en effet averti qu'ils ne devraient pas croire que "le pays voyou avait changé de position".
Pour le chef de la diplomatie japonaise, " les Nord-coréens tenteraient simplement de gagner du temps alors qu'ils travaillent fiévreusement sur leurs programmes nucléaire et de missiles".
"Ce n'est pas le moment d'alléger la pression sur la Corée du Nord", a-t-il insisté.
Interrogé si les États-Unis engageraient des négociations directes avec la Corée du Nord, Tillerson a été catégorique.
"L'objet des négociations, si et quand nous y serons, est la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord", a-t-il déclaré.
"Toutes les nations ici aujourd'hui sont unies autour de cet objectif", a-t-il renchéri.