Mariem Njeh
01 Juillet 2026•Mise à jour: 01 Juillet 2026
Le retour à la normale du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz prendra plusieurs mois, a averti Rodolphe Saadé, PDG de CMA CGM, soulignant l'urgence de développer des solutions alternatives pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement mondiales.
Dans un entretien aux Échos, il a déclaré être optimiste quant à l'avenir de la mondialisation, bien que celle-ci évolue vers des échanges plus régionaux.
Le dirigeant a assuré que ce contexte géopolitique complexe, conjugué aux tensions autour de Taïwan et à la menace de nouveaux droits de douane américains, ne freine aucunement le développement de son groupe. CMA CGM reste confiant dans l'avenir du commerce mondial, tout en anticipant une évolution vers des échanges plus régionaux, souligne-t-il.
Illustrant cette dynamique de croissance, l'armateur français a annoncé mercredi un accord de 1,4 milliard de dollars pour acquérir FedEx Supply Chain.
Prévue pour 2026, cette opération triplera presque les opérations nord-américaines de sa filiale logistique CEVA, selon FedEx. Parallèlement, CMA CGM et FedEx concluront des partenariats commerciaux pluriannuels dans le fret maritime et aérien.
Rodolphe Saadé a salué une étape majeure renforçant la capacité d'investissement du groupe et son soutien à la résilience de la chaîne d'approvisionnement américaine.
Rappel
La situation à Ormuz représente un défi logistique et financier de taille pour le groupe, qui a activé une cellule de crise dès le 28 février. En juin dernier, la direction avait évalué les surcoûts semestriels à environ 300 millions de dollars, causés par l'immobilisation des flottes et la mise en place de liaisons terrestres palliatives via Oman et l'Arabie saoudite.
Le directeur financier, Ramón Fernández, avait également alerté sur la facture énergétique : avec un budget de transport annuel de 5 milliards de dollars, un baril de pétrole approchant les 100 dollars engendrerait d'importantes charges supplémentaires.