Mücahithan Avcioglu
22 Juin 2026•Mise à jour: 22 Juin 2026
Les passages de navires dans le détroit d’Ormuz ont fortement repris après la levée du blocus, mais la reprise dans l’un des principaux points de passage énergétiques du monde demeure fragile, selon les données de MarineTraffic.
MarineTraffic a indiqué lundi sur le réseau social américain X avoir enregistré 71 transits confirmés à travers le détroit d’Ormuz entre le 19 et le 21 juin, avec un pic de 35 passages le 20 juin.
Cette hausse fait suite à de nouveaux signaux en faveur de la libre circulation dans cette voie maritime. Davantage de navires transitent également avec leur système d’identification automatique (AIS) activé, ce qui témoigne d’une amélioration progressive de la confiance des opérateurs.
Cependant, le trafic n’est pas encore revenu à la normale. MarineTraffic souligne que l’activité reste inférieure aux niveaux observés avant la crise, tandis que de nombreux navires continuent d’emprunter des itinéraires proches des côtes iraniennes ou des « routes discrètes », où les bâtiments limitent ou désactivent leur visibilité AIS en raison des préoccupations sécuritaires.
Le détroit d’Ormuz joue un rôle central dans le commerce mondial de l’énergie. Selon l’Administration américaine de l’information sur l’énergie (EIA) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les flux pétroliers qui y transitent ont atteint en moyenne 20 millions de barils par jour en 2024, soit environ 20 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers.
Cette récente augmentation du nombre de passages intervient après une forte perturbation du transport maritime dans le Golfe, provoquée par le blocus et les tensions régionales accrues. Bien que l’assouplissement des restrictions ait permis à davantage de navires de reprendre leur route, l’incertitude diplomatique continue de peser sur les armateurs, les assureurs et les affréteurs.
Les opérations de déminage ne sont par ailleurs pas encore terminées, ce qui incite les opérateurs à rester prudents avant de reprendre des itinéraires totalement normaux.
Cette reprise fragile souligne l’importance de garanties durables pour la sécurité de la navigation et des exportations énergétiques du Golfe. Toute nouvelle perturbation aurait des conséquences directes sur les flux de pétrole brut, de produits raffinés et de gaz naturel liquéfié (GNL), en particulier pour les importateurs asiatiques.
*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani