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27 Octobre 2018•Mise à jour: 27 Octobre 2018
AA/ Rasha Khalaf
Le président français, Emmanuel Macron, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont convenu, samedi, d’adopter "une position coordonnée au niveau européen" sur d'éventuelles sanctions contre l'Arabie saoudite suite au meurtre de Jamel Khashoggi.
En effet, une rencontre non-programmée avait réuni les deux dirigeants peu de temps avant le début du sommet quadripartite sur la Syrie, tenu samedi à Istanbul, a indiqué un communiqué de l’Elysée dont Anadolu a eu copie.
Le communiqué a fait savoir que "Macron et Merkel ont eu un échange apaisé sur l’Affaire Khashoggi".
"Pour une prochaine prise de position, ils [les deux dirigeants] n'annonceront rien sans s'être concertés d'abord, au niveau européen", a assuré la présidence française.
La chancelière allemande a, de son côté, rappelé "que la question qui se pose est : à qui on vend des armes et à quel genre de pays ?".
Vendredi, Merkel était revenue [sur la proposition allemande faite en début de semaine de ne plus livrer d'armes à Riyad].
"Il faut clarifier les dessous de ce crime horrible [assassinat de Khashoggi]. Et jusque-là, nous n'allons pas fournir d'armes à l'Arabie saoudite", avait-elle expliqué.
Istanbul a accueilli, samedi, un sommet quadripartite dont l’objectif est d’examiner la situation en Syrie.
Le Sommet avait réuni le président turc, Recep Tayyip Erdogan, ses homologues français, Emmanuel Macron et russe, Vladimir Poutine, ainsi que la chancelière allemande, Angela Merkel.
Après 18 jours de déni, Riyad a reconnu samedi dernier que Khashoggi avait été tué à l'intérieur de son consulat à Istanbul après une bagarre qui aurait dégénéré.
Riyad a, par la suite, annoncé l'arrestation de 18 Saoudiens impliqués dans l'affaire en question. Quant au corps de Khashoggi, il n'a pas encore été retrouvé.
La version saoudienne a été largement critiquée par les pays occidentaux et les organisations internationales de défense des droits de l’Homme.
Ce récit officiel contredit, en effet, plusieurs déclarations officieuses saoudiennes.
L’une de ces déclarations est celle d’un responsable saoudien assurant qu’"une équipe de 15 Saoudiens, qui a été envoyée pour rencontrer Khashoggi, l'anesthésier et le kidnapper, l’a tué par étouffement dans une bagarre au cours de laquelle il leur a résisté".
Après cet aveu, le monarque saoudien a limogé de hauts responsables, notamment le vice-président du service de renseignement, Ahmad al-Assiri, et le conseiller de la Cour royale Saud bin Abdullah Al Qahtani.
Le roi a également décidé de former un comité présidé par son fils, le prince héritier Mohammed bin Salman, chargé de restructurer le service de renseignement général.
Le comité comprend le ministre de l'Intérieur, le président de la Cour royale, le ministre des Affaires étrangères, le chef du service de renseignement général et le chef de la sécurité de l'État.
Il devrait présenter les résultats de ses travaux dans un délai d'un mois à compter de la date de début de son mandat.
Mardi dernier, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré qu’Ankara disposait "de preuves solides" confirmant que le meurtre de Khashoggi était "délibéré et non pas une coïncidence" et que "porter la responsabilité à des éléments de sécurité ne convainquait nullement ni la Turquie ni l'opinion publique mondiale".