Afef Toumi
09 Juillet 2018•Mise à jour: 10 Juillet 2018
AA/Tripoli/Walid Abdallah, Jihad Nasr
Le président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen de consensus (reconnu à l’échelle internationale), Fayez al-Sarraj, a indiqué, lundi, que son pays souhaite établir une relation de véritable partenariat avec l’Union européenne (UE), un partenariat perçu concrètement par le citoyen libyen.
C’est ce qui ressort d’un communiqué publié par le Bureau d’al-Sarraj, lundi, à l’issue de sa réunion avec le président du parlement européen, Antonio Tajani, au siège du Conseil à Tripoli.
Plus tôt dans la journée, Tajani était arrivé à Tripoli, à la tête d’une délégation composée de responsables de la mission et du parlement européens ainsi que de l’ambassadrice de l’UE en Libye, Bettina Muscheidt.
« La relance économique conduit à la sécurité, ce sont deux faces de la même pièce », a ajouté al-Sarraj.
Il a souligné, dans ce contexte, que plusieurs exploits peuvent être réalisés dans différents domaines, dont l’attribution de bourses d’études dans les universités européennes et la reprise du trafic aérien entre la Libye et les pays européens.
Al-Sarraj a proposé, dans le même ordre d’idées, d’entamer la coopération dans le domaine de la santé, à travers l’envoi d’une équipe médicale européenne, comprenant différentes spécialités, et l’organisation de visites dans les hôpitaux libyens.
La réunion a également porté sur le dossier de la migration illégale, indique le communiqué.
Al-Sarraj a, pour sa part, considéré que cette question « afflige les Libyens autant qu’elle préoccupe les Européens ».
Et le responsable libyen d’ajouter que « la solution sécuritaire, bien qu’importante, ne suffit pas à traiter ce phénomène car il faudrait tenir compte du facteur économique et appuyer les pays d’origine par des programmes de développement ».
« La lutte contre la traite des Hommes, répandue dans plusieurs pays » a également été à l'ordre du jour des discussions, souligne le communiqué.
Pour sa part, le responsable européen, Antonio Tajani, a indiqué que « fixer la date des élections en Libye ne concerne que les Libyens ».
Il a souligné que « l’UE est prête à dépêcher une délégation parlementaire pour contrôler la transparence des élections et leur déroulement dans de bonnes conditions».
Il est prévu de tenir les élections présidentielle et législatives en Libye, avant la fin de l’année 2018, suivant la feuille de route présentée par les Nations Unies, l’année dernière.
La feuille de route met l’accent sur la nécessité de tenir ces élections pour résoudre la crise.
«L’UE a consacré 500 millions d’euros en plus de 1 milliard d’euros destinés aux projets de développement en Libye», a précisé Tajani.
Le président du parlement européen s’est dit content de sa visite en Libye et de la rencontre avec al-Sarraj, souhaitant que cette visite contribue à renforcer les relations entre la Libye et l’UE et à unir les visions à l’égard de plusieurs questions d’intérêt commun ainsi qu’à trouver des solutions globales aux problèmes.
Tajani a, d’autre part, assuré que la stabilité de la Libye et de l’Afrique du Nord fait partie intégrante de la stabilité de l’Europe.