Ekip
11 Février 2023•Mise à jour: 11 Février 2023
AA/Alger/ Aksil Ouali
Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune a donné, vendredi soir, une instruction aux services de sécurité et à la police des frontières algériens pour faciliter la circulation des Tunisiens voulant se rendre en Algérie ou quitter son territoire.
"Le président Tebboune, a enjoint, vendredi, de ne pas gêner ni entraver la circulation, au niveau des postes-frontières, des Tunisiens frères souhaitant entrer en Algérie ou en sortir", a souligné un communiqué de la Présidence algérienne diffusé, vendredi soir, par la télévision publique.
L'intervention du chef de l'Etat algérien survient à la suite de plaintes des citoyens tunisiens qui ont été bloqués aux frontières, alors qu'ils s'apprêtaient à retourner dans leur pays après un séjour en Algérie. Transportant des marchandises achetées en Algérie, les ressortissants tunisiens n'ont pas été autorisés à quitter l'Algérie. Une situation qualifiée par des titres de la presse tunisienne "d'humiliante".
Pour résoudre ce problème, le nouveau ministre des Affaires étrangères tunisien, Nabil Ammar, a reçu, vendredi 10 février, l’ambassadeur d’Algérie à Tunis, Azzouz Baâlal. La rencontre a permis aussi d’évoquer l’état des relations entre les deux pays, au lendemain de l’affaire de l'exfiltration de l'activiste algérienne, Amira Bouraoui qui les a considérablement refroidis.
La sortie clandestine de la gynécologue et activiste politique, Amira Bouraoui, qui a traversé les frontières algéro-tunisiennes alors qu'elle était sous ISTN (interdiction de sortie du territoire national) a amené les services de sécurité algériens à renforcer le contrôle, empêchant même des Tunisiens de quitter l'Algérie. Cette affaire, rappelons-le, a provoqué une nouvelle crise diplomatique entre l’Algérie et la France, et des tensions avec la Tunisie.
Après avoir passé les frontières algéro-tunisiennes, l’activiste a été arrêtée en Tunisie. Alors qu’elle devait être expulsée vers l’Algérie, Amira Bouraoui a bénéficié de l’assistance des autorités consulaires françaises à Tunis et elle a réussi à se rendre en France à partir de la Tunisie, lundi 6 février. L’activiste détient aussi la nationalité française.
L'Algérie a condamné la "violation de sa souveraineté", et a dénoncé une "exfiltration illégale". Elle a également rappelé son ambassadeur à Paris pour consultations. Les autorités algériennes ont accusé des "personnels diplomatiques, consulaires et de sécurité relevant de l’Etat français qui ont participé à une opération clandestine et illégale d’exfiltration d’une ressortissante algérienne".
Dans une déclaration à la chaîne française TV5 monde, l'activiste a affirmé avoir "traversé clandestinement le poste frontalier d'Oum Tboul, sans aucune aide de personne". Selon elle, "une juge tunisienne, devant laquelle elle a été présentée lundi matin, lui a remis son passeport français tout en la convoquant pour le 23 février pour traiter son affaire".
"A ma sortie du tribunal, deux agents en civil m'ont kidnappée et m'ont conduite à l'aéroport. Devant cette situation, mon avocat tunisien qui a assisté à la scène a contacté l'ambassade de France à Tunis qui est intervenue", a-t-elle déclaré. Jeudi dernier, le ministère français des Affaires étrangères a réagi en affirmant avoir "protégé une ressortissante française".