Selen Temizer,Levent Tok,Ayşe Aktaş
14 Janvier 2016•Mise à jour: 14 Janvier 2016
AA - Ankara
La stratégie militaire de la Russie en Syrie n’est pas sans rappeler celle utilisée par Moscou lors du conflit en Tchétchénie.
Ayant des difficultés à vaincre militairement les combattants tchétchènes, la Russie avait choisi de massacrer les civils et de mener une politique de la peur.
Dans son intervention en Syrie, Moscou poursuit la même stratégie en bombardant les civils, voulant ainsi les dissuader de soutenir les forces de l’opposition au régime de Bachar al-Assad.
Alors que les forces du régime étaient en perte de vitesse dans le conflit qui dure depuis déjà cinq ans, la Russie a décidé d’intervenir aux côtés de Bachar al-Assad, sous couvert de lutte contre l’organisation terroriste Daech.
Les frappes russes, qui ont débutées le 30 septembre 2015, ont surtout pris pour cibles les opposants au régime et les zones où vivent les civils.
D’après un bilan des 100 jours de l’intervention russe fourni par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme, plus de mille civils sont morts.
Les Nations Unies ont indiqué que plus de 123 000 personnes ont du quitter leurs maisons pour fuir les frappes russes sur Hama, Idlib et Alep.
Malgré de nombreux appels de la communauté internationale demandant la fin des bombardements contre l’opposition modérée et les civils, Moscou, comme en Tchétchénie, continue ses frappes.
Les attaques russes contre les civils en Tchétchénie avaient pour but de mettre fin au soutien du peuple aux combattants tchétchènes et de mettre en œuvre une pression psychologique.
Les civils étaient poussés à quitter certaines régions stratégiques pour permettre ensuite aux avions russes d'y réaliser d’intenses bombardements.
Avec ce même objectif, Moscou vise hôpitaux, mosquées ou écoles en Syrie.
De nombreuses attaques dans plusieurs villes de Syrie comme à Alep ou Idleb ont été la cause de plusieurs massacres de civils.