AA/New-York/Mohammad Tarak
Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) Ban Ki-moon, a dit jeudi aux membres du Conseil de Sécurité: «Le Yémen s’effondre sous nos yeux».
Il a ajouté : «Je reviens à l’instant d’une visite en Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis. Le Yémen a été le principal sujet de mes échanges avec les dirigeants des deux pays ».
Ban Ki-moon, qui s’exprimait lors de la séance de concertations que le Conseil de Sécurité a réservé jeudi au Yémen, a indiqué que les dirigeants saoudiens et émiratis demandent au Conseil d’adresser un message "fort et clair" à toutes les parties de la crise yéménite, signifiant qu’ "aucun acte visant à saper le processus de transition dans le pays «ne sera toléré».
Les différentes parties prenantes au Yémen effectuent des concertations sous l’égide de l’envoyé de l’ONU, Jamal Benomar afin de trouver une issue à la crise générée par la démission, il y a deux semaines, du président Abdrabbo Mansour Hadi et de son gouvernement.
Depuis les Houthis, s’appuyant sur ce qu’ils appellent «la Déclaration constitutionnelle» ont dissous le parlement du pays.
"Permettez-moi d’être clair", a lancé Ban Ki-moon, "le Yémen s’effondre sous nos yeux et nous ne pouvons pas assister à cela en simples spectateurs. Le Yémen fait face à de multiples défis et il est impératif de laisser le président Abdrabbo Mansour Hadi, le chef du gouvernement Khaled Bahah, les ministres et les hauts responsables libres de leurs mouvements", a-t-il souligné.
Le SG des Nations Unies s’est dit «profondément inquiet de l’usage disproportionné de la force à l’effet de disperser les manifestants pacifiques et du recours aux arrestations arbitraires et à la séquestration des activistes de la Société civile et des journalistes ».
«J’appelle à la protection des droits de l’Homme, tout particulièrement, le droit à la liberté d’expression et aux rassemblements pacifiques», a-t-il martelé.
«De plus, la tendance séparatiste dans le Sud s’accentue, une crise humanitaire aigue secoue le pays, cela demeure ahurissant que 61% de la population (près de 16 millions de personnes) ont besoin d’une aide humanitaire au Yémen», a-t-il poursuivi.
Le Secrétaire général de l’ONU a considéré ces développements comme des «menaces à la paix et à la sécurité aussi bien régionale qu'internationale", ajoutant: "Nous nous devons, en vertu de nos engagements contenus dans la Charte des Nations Unies, d’offrir ce qui est en notre possible pour aider le Yémen et lui éviter de tomber dans le précipice".
Ban Ki-moon a mis l’accent sur l’impératif qu’il y a pour toutes les parties «à respecter le cadre commun mentionné dans le mécanisme d’exécution de l’Initiative du Conseil de Coopération du Golfe, les résultats du Dialogue national et l’Accord de Paix et de Partenariat ».
Il a, par ailleurs, formulé le souhait, que les protagonistes de la crise ne procèdent pas à d’autres «actes de provocation» et respectent les accords conclus «sans délai ».
Ban Ki-moon a souligné: «C’est dans cette optique que mon conseiller spécial, Jamel Benomar, contribue à faciliter les négociations entre les parties, de manière pacifique et consensuelle et l’ensemble des protagonistes se doivent d’y participer et de coopérer en faisant montre de bonne foi ».
«J’appelle d’ailleurs les membres du Conseil de sécurité à apporter un appui unifié et en continu aux efforts de mon conseiller spécial», a-t-il lancé.