AA / Beyrouth / Hamza Tekin
Les travaux de la Conférence des « Chrétiens du Moyen-Orient », organisée à l’initiative de la « Ligue Maronite » avec la participation du Vatican, de l’Eglise Orthodoxe russe et de l’Eglise Protestante, se sont ouverts ce vendredi à Beyrouth.
La conférence, qui constitue une première du genre, se tiendra deux jours durant à l’Université Notre-Dame de Louaizé à Beyrouth, en présence de dizaines de personnalités chrétiennes libanaises, arabes et mondiales.
Le thème de la conférence porte sur la réalité des chrétiens au Moyen-Orient et « les menaces contre leur existence» engendrées par les multiples conflits dans la région.
Le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil [maronite], a appelé, dans son allocution d’ouverture, à un éveil global, «chrétien d’abord, national ensuite, qui nous protège et défend notre orientalité». «Nous ne devons pas céder le terrain sur notre dernier bastion de liberté au Liban, sur la dernière ligne qui nous permettra de préserver notre identité», a-t-il insisté.
Et de poursuivre: «Cette orientalité pour laquelle nous nous battons constitue également un besoin stratégique pour tous les pays. Le présent de l’Europe vient de notre passé, et son avenir est lié à notre présent. Ce qui nous menace la menace, si nous abandonnons le combat, notre terre tombera, l’Orient tombera et entrainera l’Occident dans sa chute. Les larmes des crocodiles et les regrets ne serviront alors plus à rien».
Le patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient, Bechara Boutros Rahi, a, par ailleurs, souligné que les pays du Moyen-Orient ont aujourd’hui grand besoin des Chrétiens, «un besoin insistant et urgent», a-t-il affirmé.
«Le Liban est un exemple de coexistence équitable entre Chrétiens et Musulmans, au sein d’un régime parlementaire démocratique qui leur permet, toutes communautés confondues, de participer au pouvoir et à l’administration, sur la base du Pacte national et du consensus national inscrit dans la constitution de 1990».
Il a regretté que le Liban «soit entrainé dans le conflit régional entre sunnites et chiites, et dont les répercussions ont plongé le pays dans un conflit politique entre deux parties qui l'ont divisé, allant jusqu’à l’impossibilité d’élire un président de la République depuis un an et quatre mois. Aujourd’hui, ils attendent malheureusement une décision venue de l'extérieur [pour le poste de président]».
Les travaux de la Conférence se poursuivront demain samedi avec des interventions de personnalités politiques, académiques et religieuses du Liban, du monde arabe et du monde entier.